UFC-Que Choisir de l'Eure

Liseuses : faut-il craquer pour une liseuse ?

Quatre principaux fabricants se partagent aujourd’hui le marché des liseuses électroniques. Amazon domine largement avec ses liseuses Kindle. Kobo, Vivlio et Bookeen s’accrochent pour proposer une alternative aux consommateurs. Les prix varient de 80 à 400 €. Voici ce qu’il faut savoir pour choisir votre modèle.

Kindle contre tous

Avant de choisir précisément un modèle de liseuse, vous allez devoir prendre une décision : celle de plonger tout entier dans l’univers d’Amazon ou bien de l’ignorer totalement. Avec ses Kindle, le libraire américain propose en effet des liseuses performantes à des tarifs très corrects. Mais pour compenser, il oblige les consommateurs à acheter des livres dans sa propre boutique. La Fnac s’inspire de ce modèle sans aller jusqu’au bout, puisqu’elle ne vend que des liseuses Kobo, mais l’utilisateur peut y lire des eBooks achetés ailleurs que sur Fnac.com. Les autres fabricants, comme Vivlio (1) ou Bookeen, proposent des modèles capables de lire des eBooks achetés dans toutes les librairies en ligne, sauf Amazon. Une histoire de verrous numériques.

Verrous numériques

Les eBooks payants sont protégés par des verrous numériques (des « DRM », pour Digital Rights Management). Deux grands systèmes coexistent. Le premier est propre à Amazon, qui vend ses fichiers au format propriétaire AZW. Seules ses liseuses Kindle le comprennent. Les autres libraires utilisent tous le format ePub, auquel est greffé un verrou mis au point par l’éditeur Adobe, compatible avec toutes les liseuses. Voilà pourquoi vous ne pourrez pas lire sur un Kindle un ouvrage acheté sur Fnac.com, et inversement. Dans les faits, une liseuse est affiliée à une bibliothèque : il est plus simple de télécharger des livres depuis la boutique installée par défaut que de les acheter sur une autre plateforme et de les transférer sur la liseuse en passant par un ordinateur.

Les prix

Le marché des liseuses n’a jamais vraiment décollé (parce qu’elle ne crée aucun usage nouveau, une liseuse n’est susceptible d’intéresser qu’un public déjà lecteur). N’empêche, en une quinzaine d’année, les liseuses ont beaucoup évolué. Simple écran plastique monochrome il y a quelques années, les liseuses sont aujourd’hui tactiles, leur écran a grandi pour plus de confort et intègre le plus souvent une lumière, elles sont connectées, se rechargent parfois sans fil et vont jusqu’à proposer des fonctions annexes comme la prise de note. Résultat, les prix grimpent aujourd’hui jusqu’à 400 €.

Les critères essentiels

Écran

L’écran des liseuses est basé sur la technologie de l’encre électronique (e-ink), qui assure un bon confort de lecture (l’écran n’est pas rétroéclairé). La plupart sont tactiles. La taille de cet écran varie peu, la diagonale est généralement de 6 ou 6,8 pouces (15,2 ou 17,2 cm). Mais sa résolution varie d’un modèle à l’autre. Plus elle est élevée, moins l’affichage est pixellisé. Un écran de base affiche une résolution de 600 x 800 pixels environ, un écran haute définition monte autour de 1440 x 1080 pixels.

Contrairement aux écrans couleur des smartphones et des tablettes tactiles, l’encre électronique ne consomme presque pas d’énergie. Les liseuses offrent donc toutes des autonomies de plusieurs semaines.

Les liseuses intègrent de plus en plus souvent un écran lumineux qui permet de lire dans le noir sans déranger son voisin. Indispensable ! De plus en plus de modèles permettent aussi de régler la température de couleur de l’éclairage afin d’adapter la lumière aux conditions de la pièce.

La plupart des liseuses intègrent un écran tactile ; si vous souffrez d’une perte de sensibilité du bout des doigts, veillez à la présence de boutons physiques, qui vous permettent de tourner les pages et faciliteront la navigation dans les menus.

Stockage

Les fabricants offrent généralement entre 4 et 32 Go de stockage. Le système en occupe une partie, mais il reste assez d’espace pour stocker des milliers de livres. Si vous pensez quand même vous sentir à l’étroit, optez pour un modèle intégrant un port de carte mémoire.

Formats de fichiers

Outre l’AZW chez Amazon et l’ePub DRM chez Fnac, Vivlio et les autres, les liseuses sont capables de lire d’autres formats de fichiers : pdf, txt, html pour le texte ; jpg, gif, png pour les images, notamment. Si vous êtes adepte de bandes dessinées, assurez-vous que la liseuse soit capable de lire le cbz et le cbr. Notez que la BD est sans doute parmi les seuls ouvrages plus agréables à lire sur une tablette tactile que sur une liseuse. Ces lectures courtes et très visuelles s’adaptent mieux à un écran couleur, même s’il est rétroéclairé. Des applications dédiées sont disponibles dans les boutiques Google Playstore (tablettes Android) et App Store (Apple iPad).

Fonctions annexes

La quasi-totalité des liseuses intègrent une puce Wi-Fi pour se connecter directement à une librairie en ligne. Mais certaines disposent aussi d’une connexion 4G, gratuite pour l’utilisateur. Certaines liseuses sont par ailleurs résistantes à l’eau.

Question de vocabulaire

Le terme « livre numérique » prête à confusion. Tantôt il désigne le support de lecture (la tablette, ou « liseuse », ou « eBook »), tantôt il désigne l’ouvrage lui-même, qu’on appelle aussi « livre numérisé ». Notez qu’un livre numérique (le fichier) peut également être lu sur un écran d’ordinateur.

Glossaire

Carte mémoire

Un emplacement pour carte mémoire permet d’augmenter la capacité de stockage. Malheureusement, tous les livres électroniques n’en possèdent pas.

Le format le plus répandu est le format de carte SD (Secure Digital). On peut également trouver des formats Micro SD.

Encre électronique

Il s’agit d’une technique d’affichage qui cherche à se rapprocher de l’apparence d’une feuille imprimée. Cette technique ne nécessite pas d’énergie pour laisser le texte affiché, elle ne consomme que lorsqu’on clique pour tourner une page. Principale application de cette technologie : les livres électroniques. L’absence de rétroéclairage de l’écran permet de surcroît d’éviter la fatigue de l’œil lors de la lecture à l’écran. En revanche, il n’est pas possible de lire dans le noir.

Mémoire interne

Elle est de type flash. La mémoire flash est une mémoire de masse à semi-conducteur réinscriptible, permettant de stocker des données qui ne disparaissent pas lors de la mise hors tension. Sa vitesse élevée, sa durée de vie et sa faible consommation la rendent très utile. De plus, ce type de mémoire est très résistant aux chocs.

Réflexion

Un écran a tendance à réfléchir la lumière. Cette réflexion doit être la plus faible possible afin de ne pas être gêné par des sources parasites.

Test Que Choisir : Comparatif Liseuses

(1) Vivlio commercialise en France les liseuses Pocketbook.

27 mars 2022

Répéteur Wi-Fi : pour améliorer sa connexion à la maison

Positionnement de la box Internet, épaisseur des murs, interférences… Plusieurs paramètres influent sur la qualité de votre connexion sans fil. Un répéteur Wi-Fi amplifie le signal pour améliorer le réseau et profiter d’un bon débit partout dans la maison. Nos conseils pour bien le choisir.

Prix et principe de fonctionnement

Le principe de fonctionnement d’un répéteur (ou amplificateur) Wi-Fi est assez simple : il « répète » autour de lui la couverture Wi-Fi de votre box. La zone couverte par votre connexion sans fil est ainsi étendue. Pour optimiser la portée du répéteur, son positionnement est important. Il doit être placé ni trop près, ni trop loin de votre box Internet. Le fonctionnement est le même pour tous les modèles disponibles dans le commerce, mais de l’un à l’autre les fonctionnalités varient. C’est pourquoi le prix d’un répéteur Wi-Fi oscille de 20 à 100 € environ.

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Positionnement idéal d’un répéteur Wi-Fi : ni trop près, ni trop loin de la box. La plupart des modèles disposent d’un système d’aide pour bien placer l’appareil.

Normes Wi-Fi et débits

Le protocole Wi-Fi et les normes ont évolué au cours du temps (fréquences, canaux, débits). Aujourd’hui, tous les répéteurs supportent le Wi-Fi « n » (802.11n) et/ou le Wi-Fi « ac » (802.11ac), plus récent et plus rapide. Les plus évolués proposent même du « ac MU-MIMO » (« Multi User-Multiple Input and Multiple Output », multi-utilisateur à entrées et sorties multiples), qui améliore la gestion du Wi-Fi avec plusieurs appareils à la fois. Sachez que ces normes sont rétrocompatibles : un répéteur Wi-Fi ac fonctionnera avec une box Wi-Fi n. Concernant les débits, rien ne sert d’installer un répéteur Wi-Fi ac à 900 Mb/s si votre box, même Wi-Fi ac, ne délivre que du 450 Mb/s : le répéteur se calera sur le débit de la box (notre comparateur des FAI vous orientera vers les fiches techniques des différentes box). Sachez d’ailleurs que les fabricants mentionnent généralement des débits non seulement théoriques, mais aussi cumulés. Quand Devolo (Devolo Wi-Fi Repeater, 70 €) ou Netgear (AC1200, 55 €) évoquent des « débits jusqu’à 1 200 Mb/s grâce au Wi-Fi ac », il s’agit en fait du débit maximum simultané en Wi-Fi n et en Wi-Fi ac, soit 867 Mb/s (arrondis à 900 Mb/s) + 300 Mb/s. Les modèles d’entrée de gamme ne peuvent quant à eux gérer qu’une seule bande de fréquences (Wi-Fi n sur la bande des 2,4 GHz). Leur débit est généralement limité à 300 Mb/s (450 Mb/s théoriques).

WPS pour une configuration simple

Veillez à ce que votre répéteur soit doté d’un bouton « WPS » (« Wi-Fi Protected Standard »). Il s’agit d’un système de configuration rapide et automatique qui épargne à l’utilisateur l’installation d’un logiciel sur son ordinateur et une configuration manuelle potentiellement fastidieuse. L’installation est enfantine et plutôt bien expliquée sur les deux modèles que nous avons pris en main (Linksys RE 6300 et Netgear 16130).

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Le Linksys RE 6300 et le Netgear E6130

Une fois le répéteur installé, un nouveau réseau apparaît dans la liste des réseaux Wi-Fi disponibles ; pour s’y connecter, le mot de passe est le même que pour le réseau Wi-Fi existant dans la plupart des cas (vérifiez que le mot de passe par défaut n’est pas « admin » ou « 123456 » ; si tel est le cas, personnalisez-le !).

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Une fois le répéteur installé, le réseau étendu (ici décliné en 2,4 GHz et 5 GHz) apparaît dans la liste des réseaux disponibles. Le mot de passe pour s’y connecter est le même que celui du réseau initial.

De la prise gigogne à l’ampoule connectée

Un répéteur Wi-Fi rend service pour étendre la couverture du réseau, mais il présente deux défauts : d’abord, il monopolise une prise électrique ; ensuite, même lorsque les antennes sont intégrées au boîtier, l’équipement n’est pas particulièrement esthétique. Il existe heureusement des modèles avec prise gigogne, qui laissent donc la prise électrique disponible. D’autres modèles plus évolués, comme le TP-Link RE270K (disponible fin juin 2017 à 69,90 €), intègrent même une prise connectée qui permet de piloter à distance l’appareil qui y est branché.

La plupart des répéteurs intègrent par ailleurs un ou deux ports Ethernet pour connecter un ordinateur ou une imprimante à Internet en filaire. Attention, les vitesses de transfert varient selon le type : le « Fast Ethernet » (100 Mb/s) est moins rapide que le « Gigabit Ethernet » (1 000 Mb/s). On trouve aussi des répéteurs intégrant une prise audio jack 3,5 mm sur laquelle il est possible de connecter des enceintes pour écouter de la musique envoyée depuis son smartphone (Linksys RE4100 à 45 €, par exemple). Sachez enfin qu’il existe des modèles de répéteurs originaux, comme les ampoules Sengled Boost A60 (50 €) ou GU10 (60 €), qui amplifient le signal Wi-Fi tout en éclairant la pièce.

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Un répéteur avec prise gigogne et prise connectée à gauche (TP-Link RE270K) et un modèle au format ampoule (Sengled Boost A60).

Répéteur Wi-Fi et point d’accès : quelles différences ?

Amplificateurs de signal et points d’accès Wi-Fi sont souvent proposés au même rayon dans les magasins physiques et chez les webmarchands. Il existe pourtant une différence fondamentale entre ces deux produits : l’amplificateur répète un signal Wi-Fi de la box alors que le point d’accès en crée un à partir du point d’entrée filaire d’Internet dans la maison. Le point d’accès doit donc être connecté en filaire à la box. Il est souvent privilégié dans les entreprises, mais rien n’exclut un usage chez les particuliers. Il permet par exemple de créer un réseau Wi-Fi plus performant que celui de la box (ac au lieu de n, par exemple), auquel pourront se connecter simultanément des dizaines d’utilisateurs. Pour un usage domestique, cette solution, plus onéreuse (80-350 €), est sans doute un peu surdimensionnée.

Répéteurs « Mesh », un Wi-Fi maillé

Les fabricants de répéteurs Wi-Fi proposent désormais des systèmes « mesh » (ou « maillé »). Un premier boîtier, connecté à la box, dialogue avec ses « satellites » disposés dans la maison. Ensemble, ils créent un réseau Wi-Fi stable et plus performant. Contrairement aux répéteurs classiques, qui créent autant de réseaux qu’il y a de boîtiers installés, le Wi-Fi maillé crée un réseau unique, avec un seul identifiant et un seul mot de passe.

Répéteur Wi-Fi ou kit CPL ?

Le courant porteur en ligne ou CPL permet lui aussi de relayer sa connexion Internet dans toute la maison. Le réseau passe cette fois par l’installation électrique. Il suffit de connecter un boîtier CPL à sa box (et au secteur), et un autre à la prise murale dans chaque autre pièce où l’on souhaite se connecter à Internet. Un port Ethernet, sur chaque kit CPL, permet de connecter son équipement. Certains modèles intègrent aussi une puce Wi-Fi pour connecter une tablette ou un smartphone.

→ Test Que Choisir : Comparatif Répéteurs Wi-Fi
27 mars 2022

Pompes à chaleur : une surprime très contestée

Installer des pompes à chaleur partout pour limiter notre dépendance au gaz russe, c’est la volonté de la ministre de la Transition écologique, qui a annoncé une aide supplémentaire de 1 000 €. Sans susciter l’enthousiasme !

MaPrimeRénov’ va être augmentée de 1 000 € pour l’installation d’une pompe à chaleur (PAC) ou d’une chaudière bois à compter du 15 avril et jusqu’au 31 décembre 2022. Bien qu’elle soit censée augmenter le pouvoir d’achat des ménages modestes en matière de mode de chauffage, l’annonce fait l’objet de vives critiques.

La Capeb, syndicat professionnel des artisans du bâtiment, dénonce « une mesure en trompe-l’œil ». Actuellement, les certificats d’économie d’énergie (CEE) complètent MaPrimeRénov’ pour que les ménages très modestes et modestes n’aient qu’un faible reste à charge. Mais leur valeur étant à la baisse, ce ne sont pas les 1 000 € annoncés qui vont compenser la hausse du reste à charge… D’autant que la plupart des PAC air/eau coûtent très cher : en moyenne 13 779 €, avec des montants de 9 166 à 21 300 €, d’après l’enquête sur les prix du chauffage réalisée auprès de nos abonnés. « Nous ne pourrons pas installer des pompes à chaleur partout », renchérit la filière gaz, soulignant qu’il n’existe pas de PAC pour le collectif et qu’installer des pompes à chaleur ne règle en rien le problème de la pointe électrique hivernale.

Pire, installer des PAC partout ne peut que renforcer notre dépendance au gaz, qu’il soit russe ou non, ainsi qu’au fioul et au charbon. « En chauffage central, plus il fait froid, plus la température de l’eau envoyée vers les radiateurs est élevée. Dans le bâti d’avant 2000, elle est en général de 80 à 90 °C par grand froid, explique Olivier Sidler, spécialiste de l’efficacité énergétique. Si on se contente seulement de remplacer une chaudière par une PAC, il faudra qu’elle produise de l’eau bien au-delà de sa capacité propre de 55 °C en hiver, soit par ses résistances électriques. Elle fonctionne alors comme un convecteur. » Résultat : une forte augmentation de la pointe électrique hivernale, qui imposera la mise en marche de centrales au gaz, au fioul voire au charbon.

« Une pompe à chaleur ne fonctionne de façon optimale que si elle fournit une eau à 45 °C maximum, poursuit le spécialiste. Ce qui suppose d’avoir suffisamment réduit les besoins du bâtiment en le rénovant au niveau basse consommation, avant de l’installer. Se contenter de prôner la pose de PAC va faire exploser la pointe électrique en hiver. » Pas de doute, il va falloir trouver autre chose que les pompes à chaleur pour limiter notre dépendance au gaz russe.

26 mars 2022

Shampoings solides : une économie en trompe-l’œil

Très en vogue, les shampoings solides promettent notamment une économie substantielle par rapport à leurs équivalents liquides. Nous avons vérifié ces allégations.

Ils seraient à la fois écologiques et économiques. Des promesses qui expliquent leur succès et la véritable déferlante de shampoings solides dans les rayons. Apanage de quelques marques confidentielles jusqu’à ces dernières années, ils sont aujourd’hui proposés par tous les acteurs de la cosmétique, des leaders historiques vendus en grandes surfaces, parapharmacies ou magasins spécialisés aux marques de distributeurs en passant par les petits nouveaux du rayon bio.

Pourtant, les deux allégations ne se vérifient pas toujours. L’impact environnemental d’un shampoing dépend en très grande partie de la phase d’utilisation, si bien qu’elle peut gommer toute différence entre version liquide et forme solide. Mais surtout, ce sont les allégations sur l’aspect économique des shampoings solides qui s’avèrent très exagérées.

D’abord, le nombre de lavages permis avec les pains de shampoing est très souvent surévalué. En particulier par les marques qui prétendent qu’on peut faire autant de shampoings avec leur produit qu’avec deux flacons de 250 ml. Pour vérifier cette assertion, nous avons procédé à des essais en laboratoire sur des têtes de mannequins. Résultat, le plus souvent, c’est plutôt à un peu plus d’un flacon qu’équivaut un shampoing solide.

Mais il ne sera pas plus économique pour autant ! Car ces nouveaux produits ne sont pas donnés. Est-ce parce que leur développement a coûté cher aux entreprises ou plus simplement parce qu’ils sont à la mode ? En tout cas, ils sont vendus beaucoup plus cher que leurs équivalents liquides. Partant de nos analyses sur le nombre de lavages permis par chaque référence, nous avons calculé le prix de revient par lavage en le comparant à chaque fois à celui d’un shampoing liquide proposé par le même fabricant. Résultat, chaque usage revient entre 1,2 et 4,5 fois plus cher qu’avec la version liquide, seules trois références échappant à ce surcoût. Si passer au shampoing solide peut se justifier par des considérations écologiques ‒ encore faut-il couper l’eau lorsqu’on se savonne la tête ‒ les amateurs de bonnes affaires en seront pour leurs frais.

→ Retrouvez les résultats complets de notre test sur 16 shampoings solides

26 mars 2022

Pesticides à risques, 50 % de fruits et légumes contaminés : le temps n’est plus au laxisme avec les pesticides

L’UFC-Que Choisir rend publique aujourd’hui une analyse critique des 14 000 contrôles sanitaires officiels sur les aliments vendus en France qui révèle que plus de la moitié des fruits et légumes de l’agriculture intensive testés sont contaminés par des pesticides suspectés d’être cancérogènes, toxiques pour la reproduction ou l’ADN ou perturbateurs endocriniens. Sur la base de ce constat inquiétant, et alors que la FNSEA et le Ministre de l’agriculture, instrumentalisant les conséquences de la guerre en Ukraine, demandent de façon irresponsable un abandon des propositions européennes pour renforcer le cadre réglementaire sur les pesticides, l’Association saisit les autorités, dont l’ANSES, pour obtenir des procédures plus strictes d’autorisation des pesticides.

La majorité des produits issus de l’agriculture intensive contaminée et jusqu’à 92 % pour les cerises

L’UFC-Que Choisir a épluché les analyses officielles de 14 000 échantillons de produits bio et conventionnels (1) et a trouvé parmi les pesticides détectés pas moins de 150 substances suspectées d’être cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques ou perturbateurs endocriniens (2).

Le bilan est particulièrement inquiétant : pour les fruits et légumes de l’agriculture intensive, on révèle la présence d’un de ces pesticides à risque dans plus de la moitié (51 %) des contrôles et d’au moins deux pesticides à risques pour 30 % des contrôles. Loin de ne concerner que des traces infinitésimales non quantifiables, dans près d’un cas sur deux (43 %), les autorités ont été en capacité de mesurer les doses de ces substances.

Infographie pesticides

On retrouve par exemple dans plus d’un quart des pomélos analysés (27,4 %), du pyriproxyfène, fortement suspecté d’être un perturbateur endocrinien et d’avoir contribué à des malformations de la tête et du cerveau observées au Brésil. Parmi les aliments les plus contaminés, on trouve les pommes (80 % des échantillons) où l’on détecte fréquemment du fludioxonil (48 % des échantillons), un fongicide suspecté d’être un perturbateur endocrinien, ou encore la quasi-totalité des cerises (92 % des échantillons) notamment contaminées en phosmet (47 % des échantillons), un insecticide suspecté par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (Aesa) d’être toxique pour la fonction reproductrice.

Le bio, meilleur moyen d’éviter les pesticides pour les consommateurs les plus sensibles

À l’inverse, l’étude de l’UFC-Que Choisir montre que les aliments bio sont beaucoup moins contaminés notamment en raison de l’interdiction des pesticides de synthèse pour ce mode de production. Par rapport à leurs équivalents de l’agriculture intensive, on relève pratiquement six fois moins d’échantillons de tomates bio contaminées par des pesticides à risques (1 échantillon sur 10 en bio contre près de 6 sur 10 en conventionnel), sept fois moins pour les haricots verts bio et huit fois moins pour les pommes.

Dans les rares cas, où le bio est contaminé, les teneurs relevées en pesticides à risque sont également beaucoup plus faibles qu’en conventionnel. Elles ne sont quantifiables que pour 8 % des échantillons, dans tous les autres cas les substances étant généralement absentes ou présentes à l’état de traces non quantifiables. Conformément aux recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS) du Ministère de la Santé, les produits de l’agriculture biologique constituent donc un recours pour les consommateurs, notamment les plus sensibles aux effets de ces molécules : femmes enceintes, enfants et adolescents. Mais il n’est pas admissible de devoir obliger les consommateurs à se reporter sur une offre plus chère, alors que ces constats globaux inquiétants sont le résultat d’un cadre réglementaire particulièrement laxiste.

Des procédures de contrôle biaisées et obsolètes

Alors que les bilans des contrôles sanitaires sur les produits alimentaires donnent régulièrement lieu à des satisfécits officiels, l’analyse critique de l’UFC-Que Choisir démontre que la réglementation actuelle en matière de pesticides ne permet pas de garantir l’absence de risque dans les aliments. En effet, ces contrôles tiennent essentiellement compte des limites maximales de résidus autorisées (LMR) par la réglementation. Mais les substances susceptibles d’être cancérogènes, toxiques pour les fonctions reproductrices ou les perturbateurs endocriniens, pourraient être nocives pour la santé même à très faibles doses. La conformité aux LMR est donc une notion obsolète qui n’offre pas de protection suffisante pour ces substances dont aucune trace ne devrait être tolérée, d’autant plus que leur action peut être accrue lorsqu’elles sont présentes en mélange (effet cocktail).

Les procédures d’autorisation des pesticides se révèlent également particulièrement biaisées. Bien que les études indépendantes s’accumulent pour alerter sur la dangerosité de certains pesticides, les agences sanitaires continuent de les autoriser sur la seule base des études transmises par les fabricants. Plus consternant encore, elles attendent généralement la fin des périodes d’autorisation pour procéder aux réévaluations. Ainsi le pyriproxyfène, évoqué plus haut, ne sera réexaminé qu’en 2035 !

Les divergences entre instances officielles constituent des failles supplémentaires de la réglementation. Malgré l’avis de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui considère le glyphosate comme un cancérogène probable, la Commission Européenne a prolongé en 2017 son utilisation de 5 ans. Quant à la France, faisant fi de l’interdiction européenne des néonicotinoïdes, elle a également prolongé l’utilisation de certains d’entre eux (3) sur la betterave au moins jusqu’à la fin 2022. Rappelons que ces pesticides tueurs d’abeilles sont également soupçonnés d’agir sur le développement du système nerveux humain.

Comment, face à l’omniprésence des pesticides à risque dans l’alimentation, admettre un renoncement à l’ambition européenne salvatrice de réduire drastiquement leur utilisation en amont ? Cette posture de la FNSEA et dans sa suite, celle du Ministre de l’Agriculture, sont inadmissibles. Sur la base de son étude, l’UFC-Que Choisir exige un renforcement du cadre réglementaire national et européen, à travers :

– La remise à plat des procédures d’autorisation et notamment l’élaboration de méthodologies officielles pour mieux identifier les composés cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques ou les perturbateurs endocriniens, ainsi que les effets en mélange de substances (effet cocktail) ;

– Des contre-analyses indépendantes réalisées sous la responsabilité des agences sanitaires en cas de doute sur la nocivité de certains pesticides ;

– L’interdiction immédiate de commercialisation et d’utilisation des molécules les plus à risques, en application du principe de précaution.

À cet effet, l’Association saisit l’Anses pour que celle-ci formule des propositions concrètes d’amélioration de la réglementation.

L’UFC-Que Choisir met à la disposition de tous les résultats complets de son analyse en libre consultation.

Notes

(1) Données basées sur des contrôles effectués en 2019 par les services officiels en partie sur des échantillons prélevés au hasard et en partie sur des produits jugés à risque. Les résultats ont été publiés par le ministère de l’Agriculture.

(2) Sur la base de la liste des « Substances chimiques d’intérêt en raison de leur activité endocrine potentielle » publiée par l’Anses en avril 2021 et celle définie par le règlement européen n° 1272/2008 pour les substances considérées comme CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques) avérées, présumées ou suspectées.

(3) Pour l’imidaclopride fortement suspecté d’être perturbateur endocrinien et le thiamethoxam suspecté d’être reprotoxique et perturbateur endocrinien.

26 mars 2022

Pesticides à risque (vidéo) : bien trop présents dans notre alimentation

Nous avons étudié les résultats des analyses de résidus de pesticides effectuées par les autorités françaises, en 2019, sur plus de 14 000 produits. Résultat : plus de la moitié des aliments d’origine végétale testés portaient au moins une substance potentiellement dangereuse. Une situation qui s’explique par de nombreuses failles dans la réglementation européenne, censée nous en protéger. Explications en vidéo.

26 mars 2022

Fiscalité des successions : ce que promet le candidat Macron

Le programme présidentiel du candidat Emmanuel Macron prévoit d’exonérer d’impôt les successions jusqu’à 150 000 € par enfant, et jusqu’à 100 000 € transmis aux autres membres de la famille. Décryptage.

Alors que la législation actuelle permet déjà à près de 85 % des Français d’échapper aux droits de succession, et aux plus riches de transmettre leur patrimoine à leurs proches à moindres frais, certains candidats à l’élection présidentielle proposent de réduire encore la fiscalité de l’héritage s’ils sont élus. Emmanuel Macron, candidat à sa propre réélection, en fait partie. Son programme prévoit de relever l’abattement attaché aux successions entre parents et enfants à 150 000 €. Surtout, il propose de créer un nouvel abattement de 100 000 € pour les successions entre les autres membres d’une même famille.

Compenser l’inflation immobilière

Chaque enfant bénéficie aujourd’hui d’un abattement de 100 000 € sur l’héritage transmis par chacun de ses parents. Il n’est redevable de droits de succession que s’il reçoit davantage. Il doit alors payer des droits de succession au fisc, selon un tarif progressif dont les taux s’échelonnent de 5 % à 45 %. Selon Emmanuel Macron, relever cet abattement à 150 000 € permettrait de compenser la flambée des prix de l’immobilier observée ces dernières années. Ainsi, la plupart des Français, dont le patrimoine est principalement constitué d’immobilier, pourraient transmettre le fruit de leur travail à leurs enfants sans impôts.

Bon à savoir. Les donations aux enfants bénéficient également d’un abattement de 100 000 € pour le calcul des droits de donation, renouvelable tous les 15 ans. Le programme d’Emmanuel Macron ne précise pas si le relèvement à 150 000 € s’appliquerait aux transmissions de patrimoine entre vifs.

Alléger les successions familiales

Les autres héritiers bénéficient aussi d’un abattement sur leur part d’héritage, mais il est beaucoup moins généreux : 15 932 € pour les frères et sœurs, 7 967 € pour les neveux et nièces, et 1 594 € pour tous les autres héritiers (un abattement supplémentaire de 159 325 € est accordé à chaque héritier handicapé). Au-delà, ils doivent payer des droits de succession allant de 35 % à 60 %, selon leur lien de parenté avec le défunt. Leur accorder un abattement de 100 000 € permettrait de leur transmettre davantage à l’abri du fisc.

Ce nouvel abattement serait applicable sur l’héritage transmis à tous les membres de la famille du défunt autres que ses enfants. La mesure favoriserait donc les transmissions familiales collatérales (aux frères, sœurs, cousins, cousines, etc.) et intergénérationnelles (aux petits-enfants, arrière-petits-enfants). Emmanuel Macron a précisé qu’elle profiterait aussi aux enfants du conjoint, afin de mieux tenir compte de la situation des familles recomposées. En revanche, les autres héritiers sans lien de parenté avec le défunt en seraient exclus. Le concubin, par exemple, continuerait de bénéficier d’un abattement limité à 1 594 € sur son héritage et à payer 60 % de droits de succession au-delà.

Les propositions des autres candidats

Les candidats à l’élection présidentielle situés à droite de l’échiquier politique vont plus loin qu’Emmanuel Macron en matière de réforme de la fiscalité de l’héritage. Valérie Pécresse propose de relever l’abattement à 200 000 € pour les successions aux enfants, et à 100 000 € pour celles aux frères, sœurs, neveux et nièces. Pour les donations, elle souhaite aussi réduire le délai au bout duquel ces abattements se reconstituent à 6 ans, contre 15 ans actuellement. Marine Le Pen propose pour sa part de défiscaliser les donations familiales jusqu’à 100 000 € tous les 10 ans. Quant à Éric Zemmour, il veut aussi exonérer d’impôt les successions en ligne directe jusqu’à 200 000 €, ainsi que les transmissions d’entreprise familiale entre générations.

Les candidats de gauche, en revanche, envisagent plutôt d’alourdir la taxation des héritages. Yannick Jadot, le candidat des verts, souhaite limiter l’abattement à 200 000 € sur l’ensemble du patrimoine hérité tout au long d’une vie. Il préconise de taxer les individus en fonction de tout ce qu’ils reçoivent, afin que ceux qui héritent davantage soient imposés à des taux plus élevés. Il propose aussi de supprimer certains avantages comme la fiscalité avantageuse du capital-décès de l’assurance vie. Enfin, le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, souhaite taxer à 100 % les successions au-delà de 12 millions d’euros de patrimoine.

26 mars 2022

Médicament : le paracétamol ferait monter la tension

Chez les personnes hypertendues, la prise de paracétamol au long cours augmente légèrement, mais significativement, la pression artérielle. Cet effet secondaire justifie un regain de prudence dans sa prescription aux personnes à risque cardiovasculaire.

Le paracétamol (Doliprane, Efferalgan, Dafalgan, Ixprim, etc.) est l’antidouleur le plus consommé en France. Des études en population ont déjà observé qu’une prise au long cours était associée à un risque accru d’hypertension. Mais ce genre d’études ne permettait pas de savoir si ce médicament était vraiment en cause ou si d’autres facteurs jouaient. Aussi, des chercheurs britanniques, financés par la Fondation britannique pour le cœur, ont monté un essai clinique rigoureux (1) pour isoler l’effet propre du paracétamol. Pour cela, ils ont regroupé une centaine de volontaires hypertendus à qui ils ont administré successivement 4 g de paracétamol par jour pendant 2 semaines puis un placebo (la même gélule mais sans substance active dedans) pendant la même durée. Cela leur a permis de comparer les effets sur la pression artérielle. Résultat : le paracétamol induit une hausse de 5 mm Hg sur la pression systolique (le plus grand chiffre de la tension) et de 1,5 mm Hg sur la pression diastolique (le plus petit chiffre). Cette augmentation n’est pas énorme mais bien réelle. Même si cela n’est pas montré par cette étude, cette élévation laisse craindre un risque accru de problèmes cardiovasculaires, tels que l’AVC dont l’hypertension est un facteur de risque majeur.

Ces résultats ne remettent pas en cause l’intérêt d’une prise ponctuelle de paracétamol, de quelques jours, pour des fièvres, des maux de tête ou des douleurs aiguës. Mais ils s’inscrivent dans l’interrogation actuelle au sujet de son efficacité réelle comme traitement systématique et au long cours des douleurs chroniques, dans l’arthrose notamment. Jusque-là, le paracétamol était présenté comme beaucoup plus sûr que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), autres antidouleurs tels que l’ibuprofène ou le kétoprofène. Ces derniers présentent des risques cardiovasculaires établis de longue date et inscrits dans la notice.

En l’état des connaissances, le paracétamol reste plus sûr, mais pas autant qu’on le pensait. Comme tous les médicaments, sa prescription doit donc être soigneusement pesée en mettant en balance les avantages et les inconvénients, en visant la juste dose, particulièrement chez les personnes atteintes d’hypertension et à risque cardiovasculaire.

Et la douleur ?

Pour confirmer cet effet indésirable, des essais complémentaires à cet essai britannique seraient souhaitables. De même, il faudrait voir s’il se produit aussi chez des personnes non hypertendues ou encore chez des personnes qui souffrent de douleurs. En effet, l’essai britannique a été mené sur des personnes hypertendues mais qui ne souffraient pas de douleurs particulières. C’est une limite importante car la douleur elle-même fait monter la tension ! Si le paracétamol élève donc la pression artérielle mais la fait baisser en soulageant la douleur, les effets s’annulent-ils ? Le Dr David Webb, qui a coordonné cet essai, y travaille : « La prochaine étape est de mener un essai clinique randomisé dans une plus large population de patients souffrant de douleurs chroniques – ce sont eux qui prennent régulièrement et sur le long terme du paracétamol. Nous travaillons à la concevoir et à trouver des financements. »

(1) « Regular Acetaminophen Use and Blood Pressure in People With Hypertension: The PATH-BP Trial », Circulation, 08/02/2022.

26 mars 2022

Billet de notre Président national : Glyphosate, l’INRAE au rapport

Voilà une publication qui tombe à point nommé ! L’INRAE a en effet publié une synthèse bibliographique compilant plusieurs publications scientifiques révélant que le glyphosate perturberait la fertilité mâle et femelle chez les animaux mais aussi les humains. Les chercheurs ont montré qu’il existait des perturbateurs endocriniens des fonctions de reproduction.

Alors que l’Europe examine la ré-autorisation de l’herbicide tant décrié, et que vous êtes près de 500 000 à réclamer son interdiction via notre pétition commune avec d’autres ONG, cette sortie de l’INRAE vient utilement muscler le dossier contre le glyphosate. Elle constitue en effet une nouvelle alerte scientifique (après celle du CIRC et de l’INSERM) en réponse aux opposants à l’interdiction qui crient à l’absence de preuves sur les méfaits du glyphosate. Cette compilation plaide donc à nouveau pour une prochaine interdiction, d’autant que des alternatives existent.

Le même INRAE a ainsi réussi en 2021, via un plan d’actions, à se passer totalement du désherbage au glyphosate dans ses unités et installations expérimentales, grâce à des alternatives. Les pouvoirs publics français et européens seraient donc bien inspirés de lire attentivement les travaux de l’INRAE et de suivre les exemples étrangers, le Luxembourg l’ayant interdit depuis 2021, et l’Allemagne s’étant engagée, quelle que soit la décision européenne, à le mettre au ban d’ici le 31 décembre 2023.

Alain Bazot

Président de l’UFC – Que Choisir

26 mars 2022

Retraite : la génération 1961 sera la première concernée par le recul de l’âge légal

L’âge légal de départ en retraite devrait être porté à 65 ans si Emmanuel Macron est réélu à l’élection présidentielle en avril prochain. Sous réserve que ce seuil soit adopté par les parlementaires d’ici à la fin de l’année, il devrait s’appliquer pleinement, pour la première fois, aux générations nées en 1969 et après. De fait, dès le début de l’année prochaine, la génération née en 1961 pourrait être la première impactée. À un (gros) détail près.

L’augmentation de l’âge légal de départ en retraite se fera de façon « progressive » et sera « un sujet de négociations », a indiqué le candidat président Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse le 17 mars 2022. Cette réforme qui sera « soumise au vote des parlementaires » pourrait être adoptée d’ici à la fin de l’année, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Elle consisterait à majorer de 4 mois par an l’âge légal actuel (62 ans), avec en toile de fond l’atteinte d’un âge légal de 65 ans, en 2031 pour la génération 1969. De fait, si l’on déroule le compte à rebours, les premières personnes impactées par ce recul seraient non pas celles nées en 1963, comme nous l’avons écrit, mais celles nées en 1961.

Des modalités pratiques qui restent à définir

Outre les changements majeurs qu’elle va induire pour toutes les générations concernées, une telle perspective ne va pas sans poser question. En effet, dans la mesure où les salariés doivent envoyer leurs demandes de retraite aux régimes concernés entre 4 et 6 mois avant la date d’effet souhaitée pour le versement de leurs premières pensions (mais entre 6 et 9 mois pour les agents de la fonction publique, hors éducation nationale, par exemple), on peut légitimement s’interroger sur les modalités pratiques auxquelles sera très rapidement confrontée la génération 1961, première à essuyer les plâtres d’un tel recul (et auxquelles la génération 1963 n’aurait vraisemblablement pas été soumise…). La réforme des retraites du 9 novembre 2010, portée par Éric Woerth, qui faisait passer l’âge légal de la retraite de 60 ans à 62 ans, à raison de 4 mois par an (avec une montée en charge accélérée en 2012 pour que l’âge légal de 62 ans s’impose à toutes les générations nées en 1955 et après) ne démarrait ainsi qu’à partir du 1er juillet 2011 et ne concernait que les personnes nées à partir de juillet 1951. Selon nos informations, le déroulé de la prochaine réforme pourrait suivre ce même calendrier. Les premières personnes à devoir « travailler plus » seraient ainsi celles nées non pas entre janvier et fin juin 1961, mais uniquement celles nées entre juillet et fin décembre 1961. Un détail d’importance à confirmer.

25 mars 2022