UFC-Que Choisir de l'Eure

Voyages organisés : tout pour connaître et faire appliquer vos nouveaux droits

Une nouvelle réglementation relative aux voyages à forfait est entrée en application le 1er juillet. Elle renforce l’information du consommateur sur le contenu des voyages et prévoit une responsabilité automatique du vendeur en cas de problème. Nos conseils pour faire appliquer ces nouveaux droits.

Quels sont les voyages concernés par la nouvelle réglementation ?

Cette réglementation s’applique aux « forfaits touristiques », c’est-à-dire la combinaison de différents éléments appelés services de voyages aux fins d’un même voyage ou séjour dépassant 24 heures ou comprenant une nuitée. Les services de voyages sont des prestations portant sur le transport des passagers, sur l’hébergement, sur la location d’une auto ou moto, mais aussi sur tout autre service touristique (places de concert, excursions, visites guidées, soins au spa…) s’ils représentent au moins 25 % du prix du forfait ou constituent une caractéristique essentielle de la combinaison. Les assurances et navettes ne sont pas des services de voyages.

Le voyage peut être vendu par un seul vendeur, dans une agence ou sur Internet, qui gère l’ensemble du processus. Il peut aussi être conçu par un particulier sur un site Internet, lors d’un processus intégré appelé « package dynamique » (par exemple, le choix de vols et d’un hébergement sur un seul et même site).

La réglementation s’applique enfin aux sociétés qui émettent des bons ou des coffrets cadeaux offrant un séjour touristique. Elle ne s’applique pas, en revanche, aux voyages d’affaires, à la seule délivrance de titres de transport (billets d’avion…) et aux personnes ne proposant un voyage à forfait qu’à titre occasionnel, dans un but non lucratif et pour un groupe limité de voyageurs uniquement (écoles, associations caritatives, club sportifs, etc.).

Quel est l’intérêt, en cas de problème, du forfait touristique ?

Les démarches du consommateur sont simplifiées puisqu’il n’a qu’un seul interlocuteur : le vendeur ou l’organisateur du forfait. En cas de difficultés rencontrées lors du séjour, le préjudice indemnisable portera sur l’ensemble des services de voyages inclus dans le forfait. Si le voyage n’est pas un forfait touristique, le consommateur a donc acheté différents services de voyages : chaque prestataire répond des obligations qui lui sont propres.

Quelles informations doivent m’être fournies avant mon voyage ?

Le texte renforce l’information du consommateur en obligeant l’organisateur du voyage à lui remettre préalablement à la vente un formulaire récapitulant ses droits et les informations principales du voyage. Il s’agit de :

  • la ou les destinations, l’itinéraire et les périodes de séjour avec les dates et, lorsque le logement est compris, le nombre de nuitées comprises ;
  • les moyens, caractéristiques et catégories de transport, les lieux, dates et heures de départ et de retour (heure approximative si l’heure exacte n’est pas connue) ;
  • la situation, les principales caractéristiques et, s’il y a lieu, la catégorie touristique de l’hébergement en vertu des règles du pays de destination ;
  • les repas fournis ;
  • les visites, les excursions ou les autres services compris dans le prix total convenu pour le contrat ;
  • si les services de voyage éventuels seront fournis au voyageur en tant que membre d’un groupe et, dans ce cas, si possible, la taille approximative du groupe ;
  • la langue dans laquelle les services (visites guidées, etc.) seront fournis ;
  • des informations sur le fait de savoir si le voyage ou le séjour de vacances est, d’une manière générale, adapté aux personnes à mobilité réduite et, à la demande du voyageur, des informations précises sur l’adéquation du voyage ou du séjour de vacances aux besoins du voyageur.

Doivent également figurer :

  • le nom et l’adresse de tous les professionnels concernés par la vente du voyage ;
  • le prix total incluant les taxes et, s’il y a lieu, tous les frais, redevances ou autres coûts supplémentaires (une indication approximative si tous les coûts additionnels ne peuvent être calculés) ;
  • les modalités de paiement ;
  • le nombre de personnes minimum nécessaires pour la réalisation du forfait ;
  • les informations sur les documents nécessaires pour le voyage (dont la durée approximative d’obtention du visa, le cas échéant) ;
  • les conditions de résiliation et de rétractation ;
  • les informations sur les assurances obligatoires et facultatives.

Quelle est la législation concernant l’annulation du voyage ou séjour ?

La nouvelle réglementation reconnaît un droit pour le consommateur d’annuler son voyage ou son séjour. Si frais d’annulation il y a, ils doivent être « appropriés, justifiables et raisonnables ». Ils doivent être justifiés par l’organisateur ou le détaillant à la demande du consommateur.
Le consommateur peut annuler sans frais son voyage sous plusieurs circonstances :

  • modification d’un élément essentiel avant le début du voyage ;
  • hausse du prix de plus de 8 % ;
  • non-conformité d’un service perturbant considérablement le voyage.

En outre, si le voyageur décide que des circonstances exceptionnelles risquent d’affecter le déroulement de son voyage (événement climatique majeur, éruption volcanique, épidémie, etc.), il peut désormais annuler sans frais sa réservation.

De son côté, l’organisateur peut annuler un séjour faute de participants. Le délai dépend de la durée du séjour, il est de :

  • 20 jours avant le départ pour les séjours de plus de 6 jours ;
  • 7 jours avant le départ pour ceux de 2 à 6 jours ;
  • 48 heures avant le départ pour ceux inférieurs à 2 jours.

L’organisateur ou le détaillant peut aussi annuler un séjour s’il est empêché d’exécuter le contrat en raison de circonstances exceptionnelles et inévitables, à condition qu’il notifie la résolution du contrat au voyageur dans les meilleurs délais avant le début du voyage ou du séjour.

Que faire si le voyagiste décide de modifier le prix du voyage ?

La hausse du prix est possible si le contrat le prévoit expressément et s’il donne droit dans les mêmes conditions à une réduction du prix. Le changement de prix doit être la conséquence directe de la hausse (ou de la baisse) des coûts de carburant, du niveau des taxes et redevances imposées par des tiers (taxe de séjour, d’atterrissage…) ou des taux de change. Le changement doit être notifié aux consommateurs avec la justification et le calcul au plus tard 20 jours avant le début du voyage.

En cas de baisse du prix, le consommateur bénéficie de cette baisse moins les « dépenses administratives réelles supportées par l’organisateur ou le détaillant » qui doit les prouver. Si la hausse est inférieure à 8 %, le consommateur ne peut rien faire dès lors que les conditions préalables sont respectées (mention au contrat, délais de notification, justification et calcul de la hausse). Si la hausse est supérieure à 8 %, le consommateur peut accepter cette hausse ou la refuser et annuler sans frais le voyage ou le séjour. L’organisateur doit donner au consommateur un délai de réponse pour accepter ou refuser cette hausse, l’informer des conséquences en cas d’absence de réponse et le rembourser dans les 14 jours après l’annulation du contrat.

Quels sont mes droits en cas de modification du voyage par l’opérateur ?

Les modifications mineures sont possibles, mais cette possibilité doit être prévue dans le contrat et le consommateur doit être informé de manière claire, compréhensible, apparente et sur support durable. Les modifications d’éléments essentiels du contrat doivent être la conséquence d’un événement extérieur qui s’impose à l’organisateur ou au détaillant, qui rend impossible le respect des éléments du contrat. Dans un tel cas, l’organisateur doit le plus rapidement possible alerter le consommateur de cette situation et l’informer des modifications proposées et des répercussions éventuelles sur le prix du voyage. Le consommateur est alors en droit d’annuler sans frais le séjour.

Puis-je céder mon voyage à un tiers ?

La cession du contrat est possible sans que l’organisateur ou le détaillant ne donnent leur accord, mais l’acquéreur doit satisfaire toutes les conditions éventuelles du contrat (majorité, etc.) et il faut en informer l’organisateur ou le détaillant par tout moyen permettant d’obtenir un accusé de réception. L’accusé de réception de cette information doit être obtenu au plus tard 7 jours avant le début du voyage.
Vérifiez si le contrat prévoit des frais en cas de cession :

  • le cédant et l’acquéreur sont solidaires du paiement de ces frais ;
  • l’organisateur ou le détaillant doivent informer le cédant du montant des frais éventuels ;
  • ces frais ne doivent pas être « déraisonnables » et ne peuvent être supérieurs à ceux effectivement supportés par l’organisateur ou le détaillant du fait de cette cession. L’organisateur ou le détaillant doivent prouver le montant des frais supportés.

Comment réagir face à une non-conformité ou un problème d’exécution du voyage ?

Si l’une des prestations du contrat n’est pas respectée (excursion annulée, hôtel d’une gamme inférieure à celle prévue, etc.), la nouvelle réglementation oblige le voyagiste à y remédier. Face à un manquement ou une non-conformité, le consommateur doit informer dans les meilleurs délais l’organisateur, son représentant local ou le vendeur des problèmes constatés. La forme des messages, demandes et plaintes est libre. L’usage d’un écrit, d’un message électronique permet d’avoir la preuve de la démarche et est donc à privilégier.

En cas de non-conformité mineure, le professionnel doit y remédier dans un délai raisonnable fixé par le consommateur, sauf si c’est impossible ou si cela entraîne un coût disproportionné compte tenu de l’importance de la non-conformité et de la valeur du service de voyage concerné. En cas d’absence de solution ou de refus, le voyageur peut demander une réduction du prix et en cas de dommages distincts, des dommages et intérêts. Le voyageur peut aussi y remédier par lui-même et réclamer le remboursement des dépenses nécessaires.

En cas de non-conformité importante, l’organisateur ou le vendeur doit proposer sans supplément de prix des prestations de substitution si possible de qualité égale ou supérieure. Si le séjour ou le voyage de substitution est de qualité inférieure, l’organisateur ou le vendeur doit octroyer une réduction du prix appropriée. Le consommateur peut refuser les prestations de substitution si elles ne sont pas comparables à celles prévues au contrat ou si la réduction du prix n’est pas appropriée. Le consommateur peut demander une réduction du prix pour toute période de non-conformité et demander des dommages et intérêts en cas de préjudice distinct.

En cas de non-conformité qui perturbe considérablement le séjour, le consommateur dispose des mêmes droits qu’en cas de non-conformité importante. En plus, il peut annuler le contrat (qui est en cours d’exécution) sans frais et obtenir des vols retour sans frais supplémentaires.

Qui contacter en cas de litige persistant après mon retour de voyage ?

Dans un premier temps, contactez l’organisateur du séjour (de préférence avec un support, lettre ou e-mail, permettant de recevoir un accusé de réception) et constituez un dossier rassemblant la description du problème, tous les éléments de preuve recueillis, un chiffrage du préjudice (frais d’hôtel, de transport…) et du préjudice moral. Envoyez de préférence votre lettre en recommandé avec accusé de réception.

En cas de refus ou d’absence de réponse, vous pouvez saisir le médiateur tourisme voyage sur Internet (https://www.mtv.travel) ou par courrier (MTV Médiation Tourisme Voyage, BP 80 303, 75823 Paris Cedex 17).

Vous pouvez aussi, dans un second temps, vous rapprocher de l’association locale de l’UFC-Que Choisir la plus proche de chez vous.

26 août 2022

Comparateur gratuit des forfaits mobiles : choisissez le meilleur forfait, avec ou sans engagement

Les opérateurs de téléphonie mobile proposent tous des forfaits à des tarifs très différents selon la durée d’engagement, la quantité de données, la durée des appels, l’accès ou non au réseau 5G… Notre comparateur vous permet de choisir parmi les différents forfaits, qu’ils proviennent des opérateurs de réseau (Orange, SFR, Bouygues Télécom et Free Mobile) ou d’un opérateur alternatif (Coriolis, La Poste Mobile, Auchan Télécom, NRJ Mobile, Prixtel, Reglo Mobile, Club Budget, Cdiscount Mobile).

Comparez les forfaits mobiles selon vos critères.

26 août 2022

Voitures électriques (infographie) : des progrès restent à faire

Si la voiture électrique commence à convaincre une grande majorité des utilisateurs, il reste des freins à lever pour qu’elle se démocratise véritablement. À commencer par une baisse de prix de vente, ensuite par le développement du réseau de bornes de recharge qui reste, selon les résultats de notre enquête auprès de plus de 1 500 lecteurs, un gros point d’insatisfaction.

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La recharge à domicile plébiscitée

Pour une écrasante majorité, à 74 %, les électro-automobilistes ayant répondu à notre questionnaire optent pour une recharge à leur domicile. Ils réalisent en moyenne 2,3 recharges par semaine pour un coût estimé à 2,50 € pour 100 km : c’est environ 4,8 fois moins que pour un véhicule à essence !

Concernant l’installation de recharge, peu ont adapté leur installation à l’usage de la voiture électrique. Ainsi, 41 % d’entre eux rechargent leur voiture sur une prise classique et 33 % utilisent une prise renforcée (Green’up). Seuls 26 % ont installé une wallbox permettant de disposer d’une puissance plus élevée. Même l’abonnement à un fournisseur reste assez classique : dans 35 % des cas, il est d’une puissance de 9 kVA et 23 % utilisent même une puissance inférieure de 6 kVA. Ils sont seulement 40 % à avoir adapté leur installation en utilisant du 12 kVA pour 22 % et 18 % au-delà (15 à 36 kVA).

Les réseaux publics boudés

Preuve que la voiture électrique reste vouée à un usage proche du domicile, 80 % des répondants possèdent un second véhicule à moteur thermique et 43 % des possesseurs de voiture électrique n’utilisent jamais les bornes de recharge publiques. 44 % s’y rendent moins d’une fois par semaine alors que seuls 4 % s’y branchent 2 à 5 fois par semaine (ils sont 1 % à le faire tous les jours).

Quatre types de réseaux prédominent :

  • celui des collectivités (36 %) ;
  • des grandes surfaces (18 %) ;
  • de Tesla (17 %) ;
  • et celui de Ionity (12 %).

En revanche, l’ordre change en termes de satisfaction globale et c’est le réseau de Tesla qui réalise, de loin, le meilleur score avec 85 %, suivi des grandes surfaces (66 %), du réseau des collectivités (62 %) et de Ionity (61 %).

Couverture insuffisante et pannes à répétition

L’une des principales raisons à ce désintérêt est le manque de couverture du réseau de bornes : 26 % des répondants la trouve très incomplète et 46 % assez incomplète. Seuls 28 % sont satisfaits de la couverture nationale. L’autre grief concerne les pannes des bornes et seulement 25 % n’ont jamais, ou presque, rencontré de soucis. Ils sont en revanche 13 % à connaître régulièrement des soucis (1 fois sur 2), 28 % de temps en temps (1 fois sur 4) et 34 % moins souvent. La panne de la borne elle-même est dans 64 % des cas la source du problème puis, pour 15 %, c’est le badge de recharge qui n’est pas reconnu ou la voiture (3 %). Dommage : dans 88 % des cas, le souci n’a pas été résolu sur place. Il leur a donc fallu changer d’emplacement ou trouver une autre solution.

Bonne nouvelle toutefois, 73 % des utilisateurs disent ne pas attendre pour se brancher. Mais ensuite, la patience est de mise : les trois quarts restent connectés plus de 30 min pour recharger leur voiture.

La valse des badges

C’est quasi un incontournable quand on roule en électrique : le badge recharge. Et 72 % des répondants en utilisent un. Le plus plébiscité est celui de Chargmap (48 %), suivi de Freshmile (11 %) et de New Motion (5 %). En revanche, ceux des constructeurs ne semblent pas séduire la clientèle et si celui de Kia est utilisé dans 3 % des cas, seuls 2 % utilisent celui de Hyundai et 1 % celui de Nissan. À noter que le coût moyen d’un badge est de 15 € à l’achat et de 8,80 € au mois en cas d’abonnement. Reste ensuite la facturation qui affiche des montants très variables et est calculée soit à la minute, soit au kWh (Ionity, qui facturait jusque juillet 2022 à la minute, propose désormais une facturation au kWh).

Encore des freins à l’achat

Malgré le bonus écologique alloué pour l’achat d’un véhicule électrique (jusque fin 2022, il est de 6 000 € maximum, selon le coût du modèle), le prix reste le principal frein à l’achat. 64 % des acheteurs le trouvent en effet trop élevé. L’autre source d’inquiétude concerne le réseau de recharge avec comme éléments de crainte la faible densité (49 %) et le temps de charge (45 %). Vient ensuite le nombre de modèles électriques neufs assez réduit pour 43 % des répondants. À l’inverse, aucun doute sur la fiabilité d’une voiture électrique qui inquiète seulement 12 % des répondants, ni sur les économies réalisées à l’usage par rapport à un véhicule thermique (12 % également).

L’autonomie, un sujet de discorde

C’est un sujet qui fâche : l’autonomie annoncée par les constructeurs, de 345 km en moyenne, n’est que de 285 km dans la réalité d’après les constats des électro-automobilistes ayant répondu à notre questionnaire. Soit presque 17,5 % de moins ! Mais cet écart moyen est différent selon la catégorie de véhicule. S’il avoisine les 20 % pour les citadines (20,6 %) et les routières (19,8 %), il n’est que de 11 % pour les SUV et de 16,5 % pour les compactes. Heureusement, si l’on peut dire, seulement 21 % ont constaté une diminution de cette valeur au fil des ans. Mais, comme le parc de notre panel est assez récent, 49 % n’ont pas d’avis sur cette question.

Satisfaction globale

Globalement, la satisfaction est bonne avec un score de 8,8/10. Et, dans le détail, les notes sont assez élevées : la fiabilité (8,9) ou les coûts d’entretien (9) donnent satisfaction et seule l’autonomie (avec seulement 7,5) suscite des jugements plus mitigés.

Là encore, cela varie selon la catégorie de voiture. La satisfaction globale est de 8,6 pour les citadines et les compactes alors qu’elle grimpe à 9 pour les SUV et même à 9,3 pour les routières. En revanche, au niveau de l’autonomie, c’est la douche froide. Les compactes ne recueillent alors plus que 6,7/10, les citadines 7,1 puis viennent les SUV avec 8,1 et les routières avec 8,5.

Néanmoins, l’électrique a réussi à convaincre et 87 % des répondants rachèteraient une voiture électrique.

Le protocole de notre enquête satisfaction

Un questionnaire de satisfaction a été mis en ligne du 6 au 13 avril 2022. Cette enquête a suscité un niveau d’intérêt record de 99 % et 1 622 automobilistes possédant une voiture électrique ont répondu à nos questions. Seulement 17 % ont acheté leur véhicule d’occasion et pour 82 % des cas il s’agissait de leur premier véhicule électrique. Parmi eux, on trouve 49 % de citadines, 27 % de SUV, 12 % de compactes et 12 % de routières pour un kilométrage moyen parcouru de 12 000 km par an. Les modèles les plus achetés sont la Renault Zoé (28 %), la Tesla Model 3 (11 %) et la Dacia Spring (6 %).

26 août 2022

Pouvoir d’achat (août 2022) : la hausse des prix se propage

Conséquence de la flambée de l’énergie, les tarifs grimpent désormais dans presque tous les secteurs : produits d’hygiène et de droguerie, transports, cantines scolaires, ameublement, restauration, garagistes… Seuls la santé et l’habillement sont encore épargnés.

Les mauvaises nouvelles s’accumulent sur le front de l’inflation. L’énergie, qu’il s’agisse de carburants, de gaz ou d’électricité, irrigue l’ensemble de l’économie. Sans surprise, sa flambée se répercute dans tous les secteurs d’activité, et tire à la hausse les prix de détail des produits et services jusque-là épargnés. Selon l’indice établi chaque mois par l’UFC-Que Choisir, l’inflation globale pour les ménages est de 6,3 % pour ce mois d’août, par rapport à août 2021.

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Pas de trêve estivale pour les achats en grandes surfaces, en hausse de 9,2 %. Le poste alimentation grimpe encore : les prix se renchérissent de 8,7 % par rapport à août 2021, malgré une accalmie pour les fruits et légumes frais. Par rapport à janvier 2021, l’augmentation est même de 11 %. Mais ce sont les produits d’hygiène-parfumerie-droguerie qui flambent ce mois-ci, avec une hausse de 13 % (lire l’encadré).

Faire le plein, cuisiner, s’éclairer ou se chauffer continue à plomber le budget des ménages : ainsi, le fioul est 67 % plus cher qu’en août dernier. Par rapport à janvier 2021, le poste énergie des ménages français enregistre une inflation globale de 34 %, une hausse pourtant limitée par les mesures prises par le gouvernement (blocage des prix de l’électricité et du gaz, coup de pouce sur les carburants…).

Désormais, les autres postes de dépenses voient aussi l’inflation accélérer. Ainsi, les dépenses de logement grimpent de 7 %, tirées par le prix de l’ameublement, selon les derniers chiffres de l’Insee. L’équipement de la maison (électroménager) n’est pas en reste, affichant également +7 %. Les transports (en train, en avion, en bus, etc.) encaissent – et répercutent – la flambée de l’énergie, avec une hausse globale de 8 % en pleine période de vacances. Les billets de train accusent +12 %, mais ce sont les vols long-courriers qui décrochent la palme de l’envolée des tarifs, à +53 % !

Les produits d’hygiène et de droguerie subissent la hausse de l’énergie

Les relevés de prix en grandes surfaces réalisés chaque mois par l’UFC-Que Choisir indiquent une inflation de 13 % dans les rayons consacrés à l’hygiène, la beauté et les produits ménagers. Certains nettoyants, des gels douche, le papier-toilette, les couches-culottes ou encore les sacs-poubelles sont particulièrement touchés.

Jean-Marc Giroux, président de Cosmed, le syndicat des PME de la cosmétique, incrimine sans hésiter la hausse des tarifs de l’électricité, du gaz et des carburants : « Pour fabriquer nos produits, nous devons chauffer les mélanges, ce qui nécessite de l’électricité ou du gaz. Nous sommes aussi impactés par le coût du transport pour acheminer les matières premières, puis livrer les produits. »

Pour ce qui est de l’explosion du prix de l’essuie-tout, du papier-toilette ou des couches jetables, la fédération des fabricants, Group’Hygiène, explique qu’il s’agit d’une « crise totalement inédite [qui] touche la fabrication, et également les emballages » et le coût du transport de ces produits. Les industriels font face à des tarifs d’électricité triplés, et du gaz quintuplés. Les matières premières utilisées ‒ matières papetières et synthétiques (polyéthylène, polypropylène…) – sont également concernées par l’inflation, avec par exemple un prix des pâtes à papier en hausse de 70 % depuis mars 2021.

Méthodologie

Que Choisir évalue le taux d’inflation mois par mois, à partir de ses propres observations. Pour près de 40 % des dépenses de consommation, nous disposons de données permettant d’évaluer des variations mensuelles de prix, basées sur nos relevés effectués en grandes surfaces (pour l’alimentation, la boisson et l’hygiène-beauté), ainsi que sur les offres tarifaires tirées de nos comparateurs de prix (énergiecarburantsmutuellesforfaits mobilesfournisseurs d’accès à Internetassurances habitationbanques, équipements électroménagers). Chaque prix est ensuite pondéré par la fréquence d’achat et agrégé dans une moyenne générale.

Pour les autres postes de dépenses (loyer, dépenses de logement et de transports, hôtels et restauration, loisirs, habillement et santé), Que Choisir se réfère aux évaluations de l’Insee.

Attention : par convention, les variations de prix sur une période (par exemple pour le mois de mai 2022) sont calculées par rapport à la même période de l’année précédente (le mois de mai 2021). Ceci afin de s’affranchir des mouvements saisonniers des prix (par exemple ceux des fruits et légumes, très dépendants de la saison et des conditions de récolte).

26 août 2022

Thermomix : un nouveau risque de brûlures !

Vorwerk met en garde contre un risque de débordement lors des cuissons à haute température avec ses robots cuiseurs Thermomix TM5 et TM6.

Décidément, les robots cuiseurs de la marque Thermomix semblent avoir quelques difficultés avec les hautes températures… Après un premier problème avec des robots TM31 notamment à cause d’un défaut dans un joint d’étanchéité qui entraînait un risque de débordements et de brûlures, voilà que Vorwerk alerte cette fois les utilisateurs de robots Thermomix TM5 et TM6. Le souci se situe à présent au niveau du bouchon doseur du TM6 (utilisable sur un modèle TM5) dont les trous peuvent, lors des cuissons à haute température, se retrouver obstrués par des aliments. Résultat : la pression monte dans la cuve, entraînant un « débordement soudain et incontrôlé d’aliments chauds, ce qui, dans certains cas isolés, peut provoquer des brûlures », écrit le fabricant.

La marque insiste cependant sur le fait que de tels événements sont « extrêmement rares », et apporte une solution simple pour éviter tout problème : remplacer, pour les cuissons à plus de 95 °C, le bouchon doseur par le panier de cuisson vapeur, posé sur le couvercle. Les instructions pas à pas fournies par le robot ont d’ailleurs été modifiées en ce sens. La marque invite donc les utilisateurs à télécharger la mise à jour. Enfin, pour savoir si vous possédez un gobelet TM5 (non concerné par ce risque) ou TM6, Vorwerk a publié sur son site une vidéo expliquant comment les distinguer (1).

(1) https://www.vorwerk.com/fr/fr/c/vorwerk/aide/thermomix/consignes-de-securite

26 août 2022

Protocole sanitaire dans les établissements scolaires à la rentrée 2022

Pour la rentrée scolaire 2022, c’est le socle, c’est-à-dire le niveau minimal du protocole sanitaire, qui s’appliquera dans les établissements scolaires. Le protocole sanitaire prévu pour les établissements scolaires dévoilé le 18 juillet 2022 repose sur un enseignement en présentiel, tout en limitant la circulation du virus au sein des écoles et des établissements scolaires. Il est en cohérence avec les règles applicables en dehors du milieu scolaire.

Le nouveau protocole prévoit un socle et 3 niveaux de mesures qui seront appliqués en fonction de la situation épidémique du pays :

  • niveau 1 (vert) ;
  • niveau 2 (orange) ;
  • niveau 3 (rouge).

Le niveau appliqué au moment du retour en classe le 1er septembre 2022 vient d’être décidé par le ministre de l’Éducation nationale, c’est le niveau socle qui correspond à une situation normale : les cours ont lieu en présentiel, aussi bien à l’école, qu’au collège ou au lycée, sans restriction sur les activités physiques et sportives, aucune limitation n’est prévue pour la restauration scolaire.

Vous pouvez consulter l’infographie Année scolaire 2022-2023 – Protocole et cadre de fonctionnement .

Le port du masque en milieu scolaire évolue. À partir du mois de septembre, on observera « un alignement de l’école avec la population générale. Le port du masque n’est ainsi inscrit dans aucun des niveaux d’alerte ni des seuils de vigilance : il ne pourra être réimposé que sur ordre des autorités sanitaires à l’échelon national. Toutefois, le port du masque reste recommandé dans les lieux clos et mal ventilés, en cas de grande promiscuité et pour les personnes vulnérables.

Il n’y a pas de règle spécifique en milieu scolaire, plus de politique spécifique de tests à l’école, ni de dispositif de contact tracing spécifique en milieu scolaire », précise le ministère de l’Éducation nationale.

Si les élèves positifs à la Covid-19 seront toujours tenus de s’isoler (selon les règles sanitaires nationales en vigueur), il n’y aura pas d’isolement prévu pour les cas contacts, ni d’obligation de test. Ainsi, pas de contact tracing spécifique en milieu scolaire ni de campagnes de tests salivaires pour cette rentrée des classes.

  À noter : un délai de 10 jours est instauré entre l’annonce d’un protocole et sa date de mise en œuvre au sein des établissements, un facteur qui devrait faciliter la mise en place des règles suivant le niveau de protocole annoncé. Le passage d’un niveau à un autre sera décidé par les autorités nationales et pourra concerner tout ou partie du territoire.

Niveau 1 (vert) : vigilance modérée

En niveau 1, les élèves ont cours en présentiel, sans limitation obligatoire de brassage ni de restriction pour les activités physiques et sportives.

En revanche, les mesures suivantes doivent être appliquées : désinfection quotidienne des surfaces les plus fréquemment touchées, et des tables de réfectoire après chaque service, respect des mesures d’aération des pièces et de lavage des mains, mesures de distanciation à la cantine.

Niveau 2 (orange) : vigilance accrue

En niveau 2, les cours sont toujours assurés en présentiel. Les règles sont identiques au niveau 1 en ce qui concerne les mesures de lavage de mains et d’aération des pièces.

Les mesures sont renforcées concernant :

  • la limitation du brassage qui devient obligatoire par niveau (notamment pour la cantine en primaire) ;
  • la désinfection des surfaces les plus touchées doit se faire plusieurs fois par jour ;
  • les activités physiques et sportives doivent se dérouler en extérieur avec une distanciation. Les sports de contact sont interdits :
  • les arrivées et départs des élèves peuvent être, si c’est possible, étalés dans le temps ;
  • les récréations doivent être organisées par groupes et en cas de difficultés pour le mettre en place, des temps de pause en classe peuvent les remplacer.

Niveau 3 (rouge) : évolution défavorable du contexte sanitaire

Si le protocole passe en niveau 3, les cours se déroulent toujours en présentiel en école primaire et au collège. En revanche, l’enseignement hybride (présentiel/cours à distance) est mis en place au lycée en fonction du contexte local.

Concernant la restauration scolaire, les élèves des écoles primaires doivent manger tous les jours à la même table en respectant une distanciation minimum de 2 mètres avec les autres classes. Les tables doivent être désinfectées après chaque service, voire « si possible » après chaque repas, indique le ministère. La limitation du brassage par niveau devient obligatoire.

Les activités physiques et sportives doivent se dérouler en extérieur. Elles sont autorisées en intérieur si les intempéries ou le manque d’installations l’imposent. Seules les « activités de basse intensité » avec distanciation physique pourront alors être pratiquées.

26 août 2022

Offres d’électricité : Iberdrola envoie ses clients chez EDF

Les prix de gros délirants du gaz et de l’électricité n’en finissent pas de faire des victimes parmi les fournisseurs d’énergie. Cette fois, c’est Iberdrola qui ferme ses portes, générant une situation particulièrement cocasse.

La compagnie espagnole Iberdrola jette provisoirement l’éponge. Après avoir chipé de nombreux clients grand public à son concurrent EDF grâce à un prix du kilowattheure hors taxes inférieur à celui du tarif réglementé, elle les informe désormais que leur compte sera fermé à échéance de leur contrat à prix fixe et les invite à passer chez un autre fournisseur d’électricité. Le plus cocasse, c’est que sans le dire expressément dans le courrier qu’il envoie, le fournisseur Iberdrola engage ainsi les clients qu’il abandonne à retourner chez EDF pour y bénéficier du tarif réglementé !

C’est le moyen le plus simple qu’a trouvé la compagnie espagnole pour éviter d’infliger des hausses de prix impressionnantes à ses usagers et de se faire détester à vie. Elle applique ainsi une maxime très prisée des milieux d’affaires : les profits au privé quand tout va bien, les pertes au public par gros temps.

Il y a fort à parier qu’Iberdrola relancera l’offensive le jour où les prix de gros s’effondreront, à supposer que ce moment intervienne, avec l’espoir que les clients auront d’ici là oublié le mauvais coup qui leur est porté aujourd’hui.

Ceci dit, Que Choisir a recommandé dès l’explosion des prix de gros de revenir au tarif réglementé d’EDF. C’est assurément l’option la moins onéreuse pour les consommateurs en ces temps de flambée des prix, sachant que les fournisseurs alternatifs s’approvisionnent en partie sur les marchés de gros à des montants devenus prohibitifs.

26 août 2022

Téléphone fixe et ADSL : ce qu’il faut savoir sur la fin du réseau de cuivre

Avec le déploiement de la fibre optique, le réseau de cuivre, utilisé pour accéder à la téléphonie fixe et à l’ADSL, est appelé à disparaître. Orange, son propriétaire, a annoncé un plan de fermeture qui doit s’étaler de 2023 à 2030 et qui aura des conséquences sur de nombreux usagers.

Pourquoi le réseau de cuivre est-il amené à disparaître ?

Après plus de 50 ans de bons et loyaux services, le réseau de cuivre est aujourd’hui vieillissant et de moins en moins utilisé. Qui plus est, son entretien coûte cher à son propriétaire Orange qui a de plus en plus de mal à trouver des pièces de rechange et à maintenir les compétences de ses techniciens. Alors que la fibre optique doit couvrir l’ensemble du territoire d’ici 2030 et que maintenir deux réseaux en parallèle s’avère inutile, la fermeture du réseau de cuivre a été actée. Un plan de fermeture a été mis en place par Orange sous la surveillance de l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep).

Comment la fermeture du cuivre va-t-elle se dérouler ?

En fait, elle a déjà commencé. Depuis 2019, des expérimentations ont été menées et des bâtiments neufs ne sont plus équipés de fils de cuivre. Mais la vraie phase de transition doit s’étaler de 2023 à 2030. Elle se déroulera par zones, en commençant par celles qui sont entièrement fibrées. Les habitants concernés seront prévenus par leur opérateur de la date de la fermeture du réseau de cuivre sur leur commune :

  • 2 mois avant lorsque le logement est éligible à la fibre et couvert par les 4 opérateurs nationaux.
  • Entre 18 et 36 mois avant, selon les zones et la typologie des clients, pour les autres logements.

Les habitants de ces zones utilisant encore le réseau de cuivre seront invités à basculer sur une offre fibre.

Comment savoir si je suis concerné ?

Si un téléphone ou une box est branché sur la prise de téléphone murale de votre logement (celle en forme de T), vous êtes concerné. Vous devrez modifier votre installation. Votre opérateur devrait prendre contact avec vous et vous proposer une solution alternative en fibre optique. Vous pourrez aussi en profiter pour changer d’opérateur si vous le souhaitez. Si, à la date de la fermeture du service, vous n’avez pas migré vers une offre alternative, votre connexion sera coupée et votre contrat sera résilié. Selon les cas, vous n’aurez plus de téléphone ou d’accès à Internet, voire de télé. Il faudra alors souscrire un nouvel abonnement.

Comment va se passer concrètement cette bascule pour moi ?

Une fois que vous aurez signifié à votre opérateur votre souhait de basculer sur une offre compatible ou bien souscrit une offre auprès d’un autre opérateur, celui-ci vous donnera la marche à suivre. Dans la plupart des cas, un technicien devra se présenter à votre domicile pour tirer une fibre optique de la rue jusqu’à l’intérieur de votre logement. Si vous n’êtes pas éligible à la fibre, vous devrez opter pour une autre technologie. Dans tous les cas, mieux vaudra s’y prendre assez tôt pour éviter les risques d’engorgement à l’approche de la date fatidique. Vous pourrez conserver votre numéro de téléphone.

Devrai-je obligatoirement opter pour un forfait Internet ?

Non. Outre les offres d’accès à Internet, les opérateurs devraient aussi proposer des offres de téléphonie basiques. La seule différence est que les communications passeront alors par la fibre optique, et non par le fil de cuivre.

Est-ce que ce basculement sera payant ?

Le basculement sera gratuit. Néanmoins, rien ne dit que les nouvelles offres seront au même prix que les anciennes. Qui plus est, si votre téléphone est vieux (plus de 10 ans), vous pourriez avoir à en changer. D’autres systèmes (alarme, téléassistance, etc.) qui étaient branchés sur la ligne de cuivre pourraient aussi ne plus fonctionner.

À ne pas confondre avec le RTC

Le réseau téléphonique commuté (RTC) est l’une des technologies fonctionnant sur le réseau de boucle locale cuivre (à l’instar de l’ADSL, par exemple). Alors, même si les deux doivent cesser de fonctionner dans les années qui viennent, la fermeture du RTC ne signifie pas forcément la fermeture du réseau de boucle locale cuivre. Dès lors que le RTC est désactivé, on ne peut plus brancher de téléphone directement sur la prise T. Il reste toutefois possible d’y brancher une box, ce qui n’est plus le cas lorsque la ligne de cuivre est fermée. Des aménagements pourraient avoir lieu afin de mieux coordonner les deux fermetures et éviter que des particuliers aient à modifier plusieurs fois de suite leur installation.

26 août 2022

Composés nocifs dans les fournitures scolaires : les parents démunis pour protéger leurs enfants !

L’UFC-Que Choisir publie aujourd’hui les résultats (1) alarmants d’un test comparatif révélant la présence de composés nocifs dans 40 % des fournitures scolaires analysées. Les fabricants – y compris les grandes marques – exposent ainsi très largement les enfants à des doses parfois considérables de composés toxiques, cancérogènes, allergisants ou à des perturbateurs endocriniens. L’UFC-Que Choisir, récemment rejointe dans son analyse par l’Anses, demande aux autorités européennes d’étendre sans délai à toutes les fournitures scolaires la réglementation protectrice qui s’applique aux jouets.

En 2016, un test de l’UFC-Que choisir révélait que les enfants, que ce soit en se tachant les doigts avec les encres ou en mâchant le bout de leurs stylos et de leurs crayons, pouvaient être exposés à un grand nombre de composés nocifs contenus dans des fournitures scolaires. On peut citer par exemple les perturbateurs endocriniens qui sont d’autant plus néfastes qu’ils agissent à un stade précoce du développement des enfants ou encore les allergènes qui, par leur présence dans un grand nombre de fournitures, augmentent le risque de déclenchement d’allergies. Six ans après son précédent test, l’UFC-Que Choisir a recherché à nouveau la présence de ces molécules (2) dans un échantillon de 36 fournitures scolaires les plus présentes dans les rayons : stylos-billes et rollers, cartouches d’encre, surligneurs, feutres et crayons de couleurs. Les résultats sans appel montrent que les fabricants n’ont aucunement amendé leurs pratiques.

DES COMPOSÉS NOCIFS DANS 40 % DE FOURNITURES ANALYSÉES

Au premier rang des substances nocives relevées figurent les allergènes tels que les isothiazolinones, des conservateurs régulièrement dénoncés par les allergologues, trouvés dans la moitié des cartouches d’encre testées. Dans certains produits les teneurs sont particulièrement élevées, notamment dans l’encre des Stabilo Boss ‘Original Fluo’, des stylos-billes effaçables Pilot ‘Kleer’ noirs et des stylos-roller Pilot ‘Frixion medium’ bleus. Des substances classées cancérogènes probables ont également été détectées dans les encres de 4 stylos-billes sur les 6 testés : notamment le Bic ‘Cristal original’ noir, le Paper Mate ‘Inkjoy’ bleu ou le pack éco noir acheté chez B&M. Enfin, au rayon des perturbateurs endocriniens, un phtalate figurant dans la liste européenne des substances extrêmement préoccupantes, a été trouvé dans le vernis des crayons de couleur ‘Cultura’.

Cette exposition de nos enfants à ces substances est d’autant plus déplorable que nos tests démontrent que certains fabricants savent produire des fournitures indemnes – ou presque – de composés nocifs. Au tableau d’honneur figurent notamment les cartouches d’encre noire Schneider, les surligneurs à réservoir plat jaune Amazon ‘Basics’, les feutres Crayola ‘Ultra-lavables’ ou encore les crayons de couleur Bic ‘Kids évolution’.

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UNE RÉGLEMENTATION EUROPÉENNE SCANDALEUSEMENT PERMISSIVE

Pourtant quasiment aucun (3) de ces produits n’est hors la loi au regard de sa composition du fait d’une réglementation européenne aussi laxiste qu’ubuesque. A la différence des jouets qui doivent respecter des exigences réglementaires très strictes, les fournitures scolaires ne relèvent en revanche d’aucune réglementation spécifique et ne sont pas tenues, par exemple, de mentionner la présence de substances allergisantes. Pire le fabricant peut à sa guise choisir d’apposer ou non les pictogrammes alertant sur les dangers induits par les substances présentes. Il est par conséquent impossible pour les parents de faire le bon choix au moment de l’achat, puisqu’un produit n’affichant aucun pictogramme peut se révéler en réalité plus nocif qu’un produit faisant preuve de transparence. C’est pourquoi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), s’appuyant notamment sur les précédents travaux de l’UFC-Que Choisir, vient de demander un renforcement de la réglementation européenne sur ces produits (4).

Au vu de la persistance des pratiques inadmissibles des fabricants, l’UFC-Que Choisir demande aux autorités françaises de porter le sujet au niveau européen afin que soit étendue à toutes les  fournitures scolaires la réglementation européenne applicable aux jouets.

Dans cette attente, et alors que débutent les achats de la rentrée, l’Association déconseille aux parents d’acheter à leurs enfants des stylos-billes compte tenu du cocktail de substances nocives retrouvées dans la totalité des références testées.

Enfin, dans le contexte inflationniste actuel, elle rappelle que les articles de marques de distributeurs (MDD) obtenant par rapport aux produits de grandes marques des notes comparables voire meilleures pour certains articles, tout en étant moins chers, ils peuvent, à l’occasion, avoir de réels atouts (par exemple les surligneurs ‘Esquisse’ Leclerc et chez Carrefour les feutres medium et les recharges pour rollers effaçables noirs).

NOTES

(1) Intégralité des résultats consultables dans le numéro ‘Que Choisir’ de septembre 2022 et sur quechoisir.org.

(2) Les substances recherchées : phtalates reprotoxiques et perturbateurs endocriniens, impuretés cancérogènes, hydrocarbures aromatiques polycycliques, isothiazolinones, benzyl alcool, toluène et benzène.

(3) Seul le stylo-bille ‘Pack eco’ est non conforme à la réglementation du fait des quantités particulièrement élevées de substances cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques et ne devrait pas de ce fait être commercialisé.

(4) Avis de l’Anses relatif à une expertise hors évaluation des risques relatives à l’état des connaissances sur la présence ou l’émission de substances dangereuses dans des fournitures scolaires et de bureau et leur impact éventuel sur la santé – publié le 07/07/2022 – https://www.anses.fr/fr/content/mieux-encadrer-la-pr%C3%A9sence-de-substances-dangereuses-dans-les-fournitures-scolaires

25 août 2022

Moustiques, tiques, guêpes…Que faire en cas de piqûre

Tous les étés, c’est la même rengaine : moustiques, tiques et autres bestioles festoient sur notre peau. Voici les bons traitements à adopter selon l’origine de la piqûre.

Les produits répulsifs sont devenus aussi incontournables que les maillots de bain dans les valises que l’on prépare en été. Ça n’est pas un hasard : pour 49 % des abonnés à notre newsletter (1), les piqûres représentent une gêne plus importante que par le passé. Moustiques, abeilles, guêpes mais aussi tiques se font plus présents avec les beaux jours, c’est vrai. Alors comment soigner la piqûre d’une de ces charmantes petites bêtes ?

Si c’est un moustique

La réaction à une piqûre de moustique se produit en deux temps. Dans les 15 minutes, un petit bouton de quelques centimètres de diamètre se forme. Il est rouge et il démange. Dans les heures qui suivent, cette papule durcit et peut s’étendre jusqu’à 15 cm de diamètre. Ce gonflement est plus impressionnant en cas d’allergie. Si l’insecte est un moustique tigre, vous pourrez souffrir d’une réaction plus intense qu’à l’accoutumée.
À noter : l’allergie aux piqûres de moustique existe, mais les réactions générales sont extrêmement rares, et elle a tendance à s’atténuer avec l’âge.

Que faire
On y pense peu, mais il est important de désinfecter la piqûre. Il faut éviter de gratter la zone piquée avec l’ongle, même s’il est difficile de s’en empêcher. C’est prendre le risque de créer une lésion de grattage, qui pourrait s’infecter. Si l’envie est irrépressible, frottez la peau avec la paume de la main.
Si vous voulez mettre une crème pour soulager vos démangeaisons, prenez de préférence des crèmes émollientes à base de vaseline ou de glycérol ou des crèmes contenant de l’hydrocortisone 0,5 % (CortiSédermyl, CortApaisyl, Dermo­fenac), dont l’efficacité est reconnue. évitez les antihistaminiques et les substances anesthésiantes. Dans le cas où vous optez pour des crèmes non médicamenteuses, faites attention aux excipients qui peuvent être allergisants, comme le propylène glycol, la lanoline, les parfums ou les parabènes.

Prudence
Dans certaines zones du globe, les moustiques (anophèles, tigre…) sont susceptibles de transmettre des maladies infectieuses comme la dengue, le chikungunya, la fièvre jaune ou le paludisme. Si vous présentez des symptômes (fièvre, douleurs, maux de tête, nausées…) au retour d’une zone à risque, pensez à consulter un médecin.

Ne pas abuser des crèmes corticoïdes

Les crèmes à base d’hydrocortisone (CortiSédermyl, CortApaisyl, Dermofenac) sont une arme de choix pour limiter les démangeaisons dues à diverses piqûres. Mais attention à ne pas en abuser, car elles ont aussi un effet immunosuppresseur, même en application locale. N’en mettez qu’une à deux fois par jour, pas plus de 3 jours d’affilée. Surtout si vous vous grattez, une utilisation excessive peut diminuer les défenses immunitaires et donc favoriser une infection de la peau.

Si c’est une tique

Il est normal de voir une plaque rouge apparaître dans les 24 heures, parfois accompagnée de démangeaisons. C’est une réaction du système immunitaire. Restez attentif à l’évolution de cette plaque dans les semaines qui suivent : elle doit disparaître progressivement ou, du moins, ne pas grandir.

Que faire
Le premier geste doit être de retirer la tique le plus rapidement possible. Plus elle reste attachée, plus le risque de transmission d’une maladie est augmenté (Lyme, rickettsiose, encéphalite). Pour cela, utilisez un tire-tique – ils sont disponibles en pharmacie – et retirez la tique avec un mouvement circulaire. Ensuite, désinfectez la plaie avec de l’alcool modifié (chlorhexidine, hexamidine, povidone). Le recours à un autotest n’est pas recommandé, la fiabilité de ces produits étant incertaine.

Prudence
Les tiques sont redoutées car elles sont susceptibles de transmettre certaines maladies, dont la maladie de Lyme. En fait, seulement 15 % sont porteuses de la bactérie qui la cause (Borrelia burgdorferi) et 14 % d’au moins un autre agent pathogène à risque, mais la prudence s’impose. Surveillez la morsure le mois suivant. Si vous observez l’extension circulaire d’une plaque rouge et inflammatoire mais qui ne démange pas, contactez un médecin. C’est peut-être une manifestation de la maladie de Lyme. Faites de même si vous souffrez de fatigue, de douleurs musculaires ou articulaires inhabituelles après la piqûre. Un traitement antibiotique sera peut-être nécessaire.

Si c’est une abeille, une guêpe ou un frelon

Les symptômes sont assez similaires, quel que soit l’hyménoptère en cause : outre une sensation de brûlure, la zone piquée est douloureuse et rouge, elle gonfle et durcit légèrement. Si c’est une abeille, vous trouverez son dard. Si c’est un frelon, la réaction est plus violente.

Que faire
Le cas échéant, retirez le dard s’il est encore présent. Désinfectez la plaie, puis appliquez de la glace pour limiter le gonflement. Pensez à enve­lopper la glace avant de la mettre en contact avec la peau et ne prolongez pas l’application plus de 20 minutes.
Si la piqûre se situe sur la main, retirez vos bijoux avant qu’elle ne gonfle. La démangeaison peut persister plusieurs jours sans que cela soit inquiétant. L’utilisation d’une crème antihista­minique (Apaisyl gel, Sédermyl) est possible en dernier recours.
Consultez un médecin si la zone piquée reste rouge, enflée et douloureuse pendant plusieurs jours, si la réaction s’aggrave ou si des symptômes généraux apparaissent.
Chez les personnes allergiques, il arrive que les extrémités voisines de la piqûre gonflent et le gonflement lui-même est plus prononcé.

Prudence
Consultez rapidement un médecin si vous êtes piqué au visage, au cou ou dans la bouche. Contactez le Samu (15) si la piqûre se situe dans la gorge, car le gonflement risque d’entraîner des difficultés respiratoires.
Si la personne piquée souffre d’allergie, elle doit être munie d’un stylo d’adrénaline auto-injectable (de type EpiPen). N’hésitez pas à vous en servir. Les conseils d’utilisation sont normalement indiqués sur le stylo.

→ Test Que Choisir : Comparatif Antimoustiques

Morsures d’araignée, pas si courantes

Souvent accusées de nous mordre, les araignées représentent rarement un danger pour nous.  En réalité, seules deux espèces sont à surveiller attentivement en cas de morsure. Les morsures d’araignée sont très rares. Les centres antipoison reçoivent une centaine d’appels chaque année à ce sujet. En effet,  peu ont la taille suffisante pour que leurs crochets percent notre peau. Elles sont donc souvent accusées à tort. Seule une dizaine d’espèces est réellement capable de nous mordre. Lorsque cela  se produit, les morsures provoquent généralement  des rougeurs et des démangeaisons transitoires. Deux espèces d’araignée sont à surveiller avec attention : la malmignatte, cousine de  la veuve noire, et l’araignée violoniste, souvent appelée  à tort la recluse brune.

→ La malmignatte
On la trouve surtout dans les espaces naturels en Corse. Sa morsure est la plus sérieuse. Elle est d’abord peu douloureuse, mais il arrive qu’elle provoque ensuite de vives douleurs, une nécrose  et un léger gonflement. Son venin neurotoxique entraîne parfois des symptômes plus sévères, comme des douleurs sourdes, des contractures musculaires ou encore des sueurs, des nausées, voire de l’anxiété ou de la confusion.

→ L’araignée violoniste
Elle vit plutôt en zone méditerranéenne. Elle peut s’abriter à l’occasion dans  nos placards et nos greniers. Sa morsure laisse une plaie rouge qui gratte. Son venin est nécrosant : il provoque  la formation d’un ulcère  qui peut laisser une petite cicatrice. Les symptômes sont rarement plus graves.

→ Comment réagir
Dans tous les cas, nettoyez  la plaie à l’aide d’un désinfectant. Si la douleur  est forte, appliquez du froid. Si un ulcère se forme, nettoyez régulièrement cette plaie. Si les symptômes persistent ou sont plus sévères qu’attendu, consultez un médecin ou allez aux urgences.

Quand appeler le 15 ?

Il faut contacter le Samu (15) si la personne a été piquée dans la gorge ou si elle a une réaction évoquant un choc anaphylactique. Dans ce dernier cas, elle présente au moins deux des symptômes suivants.
→ Symptômes cutanés : démangeaisons, urticaire généralisée, œdème de Quincke (gonflement du visage et du cou).
→ Symptômes digestifs : nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales.
→ Symptômes respiratoires : difficultés à respirer, crise d’asthme.
→ Autres : accélération du pouls, chute brutale de la tension artérielle, perte de connaissance, une voix qui devient rauque.

Consulter un médecin dans la journée si :

  • la réaction est d’intensité anormale pour la première fois ;
  • la victime est un bébé ou un jeune enfant ;
  • la personne présente des antécédents allergiques ;
  • la personne a été piquée au cou.

(1) Enquête en ligne menée du 30 septembre au 7 octobre 2020 auprès de 5 143 abonnés à la newsletter de Que Choisir.

19 août 2022