UFC-Que Choisir de l'Eure

Internet mobile : Queldébit met en lumière l’inadmissible fracture numérique

Alors que disposer d’un internet mobile de qualité constitue un impératif pour les consommateurs, l’UFC-Que Choisir, sur la base des tests effectués par les utilisateurs de l’application gratuite Queldébit (iOS, Android) dénonce aujourd’hui l’ampleur de la fracture numérique, frappant de plein fouet les zones rurales et qui se renforce avec le développement de la 5G. Compte tenu des constats dressés, l’UFC-Que Choisir presse les pouvoirs publics d’enfin imposer aux opérateurs de proposer un véritable haut débit partout où la couverture mobile est prétendument assurée. L’association invite également les consommateurs à poursuivre la mobilisation pour continuer de faire la lumière sur la véritable qualité de l’internet mobile, en téléchargeant gratuitement Queldébit.

Queldébit : l’allié pour la transparence sur la qualité des réseaux mobiles

Pour contrer les campagnes marketing des opérateurs vantant des débits mirifiques, l’association a décidé de développer l’application mobile gratuite et participative Queldébit. Cette application permet à tous les consommateurs de tester, partout, leur connexion mobile afin de la qualifier clairement sur une échelle de qualité allant de 0 à 10. Lancée l’an dernier, et déjà adoptée par près de 50 000 personnes, Queldébit permet en outre à l’UFC-Que Choisir, sur la base des résultats compilés des utilisateurs d’établir des indicateurs permettant de faire la transparence sur la qualité des réseaux mobiles à l’échelle nationale, et des territoires.

En 4G, 32 % de consommateurs privés de « bon haut débit » en zones rurales

La 4G reste massivement utilisée par les consommateurs, puisque plus de 95 % des données collectées par Queldébit le sont avec cette technologie. Si cela ne surprend pas (la 5G étant généralement plus chère que la 4G et son utilisation nécessitant l’achat d’un téléphone compatible), l’analyse de la qualité réelle de la 4G est inquiétante. En effet, les chiffres du terrain mettent en évidence une inégalité territoriale extrêmement marquée, puisque dans les zones urbaines les débits moyens sont 66 % plus élevés qu’en zones rurales (55,3 Mbit/s contre 33,3 Mbit/s).

Sur la base d’une analyse poussée de plus de 5 millions de données (1), l’UFC-Que Choisir est en mesure de montrer que ces moyennes masquent des disparités importantes, et que pour beaucoup de consommateurs accéder dans de bonnes conditions à l’internet mobile est tout simplement chimérique. C’est ainsi que 14,3 % des débits relevés sont inférieurs à 3 Mbit/s, débit minimal pour accéder dans des conditions tout juste décentes aux services de base de l’Internet mobile, comme la navigation sur le web. Quant au « bon haut débit », défini par Emmanuel Macron comme un débit au moins égal à 8 Mbit/s, il n’est pas atteint dans 25 % des cas au niveau national, et même dans 32 % des cas en zones rurales ! La fracture numérique, loin d’être un mythe, frappe donc de larges pans du pays. Comment accepter cette situation, alors que disposer d’une connexion de qualité constitue plus que jamais une nécessité ?

La 5G : facteur d’aggravation de la fracture numérique ?

Bien que le nombre limité de tests en 5G ne permette pas d’émettre de jugements définitifs sur ses apports, les données du terrain montrent qu’elle ne permet pas de résoudre la fracture numérique, voire l’aggrave. En effet, alors que le gain de performance est spectaculaire dans les grandes et moyennes agglomérations (dans ces dernières le débit moyen passe de 42,3 Mbit/s en 4G à 234,1 Mbit/s en 5G). A contrario, en zones rurales le saut qualitatif est on ne peut plus marginal, puisque le débit 5G est seulement 1,5 fois plus important qu’en 4G. En conséquence, la 5G bénéficie réellement aux zones où la 4G est déjà la plus qualitative, ce qui creuse davantage les inégalités entre Français. Jamais la fracture numérique de l’internet mobile n’a été aussi prononcée.

N’acceptant pas que près de 10 ans après le lancement de la 4G un haut débit de qualité demeure encore chimérique pour de nombreux consommateurs, l’UFC-Que Choisir appelle les pouvoirs publics à enfin imposer aux opérateurs une qualité de service minimale permettant d’utiliser dans de bonnes conditions l’internet mobile, partout où la couverture mobile est prétendument assurée.

L’association appelle également à nouveau les consommateurs à se mobiliser en téléchargeant l’application Queldébit, sur le Google Play Store et l’App Store, à la fois pour qu’ils puissent vérifier la qualité de leur connexion mobile mais aussi et surtout, en multipliant les tests dans divers endroits (maison, bureau, courses, transports, etc.), pour participer collectivement à la mise en lumière de la véritable qualité des réseaux mobiles, partout sur le territoire.

Les applications sont directement téléchargeables via les liens suivants :

Android : https://play.google.com/store/apps/details?id=fr.qosi.quechoisir&hl=fr

iOS : https://apps.apple.com/fr/app/queld%C3%A9bit-3g-4g-5g-wifi/id1521209451

Télécharger l’étude complète

Notes

(1) Collectées entre le 1er décembre 2020 et le 30 novembre 2021. Les détails sur les éléments techniques de cette collecte de données sont précisés dans le dossier complet.

30 janvier 2022

Billet de notre Président national : frais bancaires de succession, va-t-on enfin vers l’enterrement des abus ?

Bonnes nouvelles. Alors que les saillies se multiplient contre l’opacité et la cherté des frais de succession, véritable taxe sur la mort que nous avons épinglée, Hervé MAUREY, sénateur membre de la Commission des Finances entend légiférer pour mettre un terme aux excès tarifaires des banques. Par ailleurs, si l’on prend au mot le ministère de l’Économie, le groupe de travail du Comité consultatif du secteur qui devait les examiner en 2021 pourrait, quant à lui, être ressuscité.

Une proposition de loi visant à encadrer les frais bancaires de succession a été déposée en tout début d’année sur le bureau de la Haute Assemblée. Elle prévoit que ces tarifs soient encadrés par décret à partir des coûts réellement supportés par les banques pour la clôture du compte du défunt. Si la fin imminente de la mandature ne permettra pas son adoption avant les prochaines élections, je ne peux néanmoins bouder mon enthousiasme de voir les parlementaires se saisir du sujet.

En effet, à l’automne dernier, l’UFC-Que Choisir n’avait pas manqué d’épingler les tarifs pratiqués dans l’Hexagone, qui échappent manifestement à toute logique économique. Jugez vous-même. Atteignant 233 euros en moyenne, ils varient du simple au quadruple selon les banques. En hausse de 28 % en 10 ans, ils sont même jusqu’à trois fois plus élevés que chez la plupart de nos voisins (Belgique, Italie, Espagne) qui autorisent de telles facturations (ces frais sont tout simplement interdits en Allemagne).

Alors que nous nous désolions qu’à la demande du lobby bancaire, les travaux du CCSF censés faire la lumière l’année dernière sur ce volet méconnu de la tarification aient été reportés sine die en 2021, Bercy semble avoir changé d’avis. En effet, dans une réponse à une question écrite d’une députée de la majorité, Sophie PANONACLE, le Ministère a répondu le 28 décembre dernier que le Gouvernement est déterminé à ce qu’une solution soit dégagée dans le cadre des instances de concertation. Si ce revirement est réel, gageons qu’il ne conduise pas à court-circuiter toute avancée législative et s’en remette aux engagements des banques (dont l’expérience montre qu’ils se limitent trop souvent à de la poudre aux yeux)… En tout cas, les lignes ont bougé suite à notre dénonce et vous pouvez être assurés de la mobilisation de l’UFC-Que Choisir pour qu’en matière de frais bancaires de succession on cloue le cercueil des abus !

Alain Bazot

Président de l’UFC – Que Choisir

30 janvier 2022

Additif alimentaire E466 : des effets néfastes sur le microbiote

Un émulsifiant courant, le carboxyméthyl cellulose de sodium (E466), présent dans de nombreux produits alimentaires industriels, diminue la diversité des bactéries composant la flore intestinale.

Épaississant, gélifiant, stabilisant et agent d’enrobage, le carboxyméthyl cellulose de sodium (CMC) est un additif alimentaire que l’on trouve dans un très grand nombre de produits alimentaires industriels sous le code E466. Des études effectuées sur la souris montraient qu’il avait des effets néfastes, provoquant des modifications délétères de la flore intestinale (microbiote) et une inflammation du côlon. Ces soupçons sont confirmés par une étude menée chez l’homme cette fois et publiée récemment (1). Durant cette expérimentation, des volontaires en bonne santé ont été répartis en deux groupes dont les repas étaient soigneusement contrôlés : la nourriture du premier groupe était largement additionnée de CMC, la nourriture du second groupe était exactement la même mais sans CMC.

Chez les participants ayant consommé du CMC, les chercheurs ont observé une modification de la flore intestinale, avec une moindre diversité au sein des bactéries. A été observée par exemple, une diminution nette des Faecalibacterium prausnitzii, des bactéries dont la présence est corrélée à une bonne santé et une moindre inflammation. Au niveau des substances produites par les bactéries (métabolites), une raréfaction est également constatée, notamment des acides gras à chaînes courtes, des composés que l’on pense bénéfiques pour la santé. Fait intéressant, les mêmes analyses, faites sur les mêmes personnes un mois environ après l’arrêt du CMC, ont montré un retour à la normale. Enfin, sur le plan clinique, une légère augmentation de l’inconfort abdominal était aussi rapportée.

L’étude était courte (11 jours) avec des doses élevées d’additif (15 g/j), ce qui ne correspond pas à notre exposition qui est plutôt de longue durée et à plus faible dose. Mais ses résultats confortent le classement du CMC dans la catégorie « peu recommandable » de la base des additifs de Que Choisir. Ceux qui souhaitent éviter le carboxyméthyl cellulose  et ses dérivés pourront les repérer dans la liste des ingrédients sous les codes E466, E468 et E469.

(1) Publiée dans la revue médicale officielle de l’Association américaine de gastro-entérologie Gastroenterology, 14/12/21.

30 janvier 2022

Carte cadeau made in France : les débuts chaotiques de la Carte française

Cette carte cadeau permettant d’acheter des produits fabriqués en France souffre, pour l’heure, de nombreux dysfonctionnements. Explications.

C’est une tendance lourde, encore amplifiée par la pandémie et sa démonstration des effets délétères de la mondialisation : nous sommes de plus en plus nombreux à souhaiter privilégier les achats de produits fabriqués dans l’Hexagone. La Carte française part de ce constat : vendue entre 30 et 150 € selon le souhait du client, elle permet de faire ses achats dans 150 boutiques et 380 sites vendant du made in France. Plus précisément, plus de 70 % du catalogue de ces entreprises doit l’être, au sens du Code des douanes (dont les subtilités sont souvent déroutantes). 25 000 exemplaires ont été vendus en 2021. La Carte française se rémunère via une commission sur les achats, justifiée par la visibilité et la possibilité de conquérir de nouveaux clients qu’elle offre à ses partenaires.

L’idée semble donc pertinente. Mais dans les faits, l’utilisation de la carte est un parcours semé d’embûches. Pour preuve, impossible de joindre par téléphone un service après-vente submergé par les appels. Dès la page d’accueil du site, un encart suggère, « en raison d’un grand nombre de demandes en SAV », de privilégier le contact par mail et annonce un délai de réponse d’environ une semaine.

Plusieurs obstacles empêchent un usage normal de cette carte. Revue de détail.

Pour l’utiliser dans un magasin, et non sur un site, il faut avoir une carte à puce physique. Quand d’autres acteurs proposent simplement des bons d’achat dont le commerçant scanne le code-barres, cette solution dont l’impact environnemental n’est pas négligeable, semble peu cohérente avec le souhait de privilégier les achats durables. En particulier, les comités d’entreprise, qui sont les premiers acheteurs de la Carte française, peuvent hésiter à faire fabriquer des dizaines ou des centaines de cartes pour un usage a priori ponctuel. Par ailleurs, cette particularité n’est pas systématiquement annoncée aux clients.

Le montant des achats en ligne est limité, du moins pour la version 1 de la carte, soit la majorité de celles en circulation (voir encadré). À ce sujet, les dirigeants de la Carte française invoquent une directive européenne qui limite les paiements par carte prépayée à 50 €. En réalité, le cœur du problème, c’est surtout que, quel que soit le montant de la Carte française, on ne peut pas compléter avec un autre mode de paiement. Ceux qui veulent aller au-delà doivent convertir leur carte en bons d’achat qu’ils déduiront du total de la commande (via une option type « code promotionnel ») au moment de régler leur panier. Cela nécessite une démarche auprès du service consommateur alors que l’utilisation d’une carte cadeau est en général beaucoup plus simple et immédiate. Surtout, ce n’est qu’après avoir constaté l’échec de son achat que le client contacte ce service et obtient l’explication. Combien de destinataires de Carte française, rebutés par cette complexité (1), renoncent à cette démarche et laissent le bénéfice de leur carte à cette société ? Un nombre non négligeable sans doute puisque, la carte leur ayant très généralement été offerte, ils n’en seront pas de leur poche.

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Constatant l’impossibilité de dépasser le montant de la carte, certaines personnes tentent de trouver sur les sites des produits permettant de rester dans les clous (frais de livraison compris). L’exercice se révèle contraignant et surtout, il est rarissime de tomber sur la somme exacte. La société qui commercialise la Carte française empoche la différence, ce qui est injustifiable.

Une appli est proposée pour payer ses achats (si l’on a la version 2 de la carte) mais elle souffre de nombreux bugs, si bien qu’elle obtient des notes pitoyables sur les stores : 2/5 sur l’Apple Store et 1,5/5 sur Google Play.

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L’appli de la Carte française.

Plus généralement, le site est très peu explicite, si bien que de nombreux clients s’arrachent les cheveux à essayer de comprendre comment utiliser leur carte. Ainsi, la première option proposée est de télécharger l’appli alors qu’elle n’est compatible qu’avec la version 2, qui ne concerne qu’une minorité des détenteurs. Il existe bien, plus bas sur la page, une interpellation : « Vous avez une Carte française de 1re génération ? », mais pour savoir si c’est le cas, il faut se référer aux visuels des deux versions de cartes présents sur le site, ce qui ne coule pas de source. Autre exemple, il n’est à aucun moment spécifié que, pour utiliser la carte sur un site marchand, il faut procéder comme s’il s’agissait d’une carte bancaire. Pas évident à deviner, habitués que nous sommes à trouver une rubrique particulière sur les pages de paiement.

Tant de dysfonctionnements ont de quoi décourager le plus épris de patriotisme économique des consommateurs. Dommage, l’idée était pourtant judicieuse, mais cela ne suffit pas. Reste à espérer que des améliorations substantielles seront apportées. « Wait and see », comme ne disent pas ‒ on l’espère ‒ les tenants du fabriqué en France.

Deux versions de la Carte française cohabitent

Une récente directive européenne, édictée dans le cadre de la lutte contre le blanchiment des capitaux et la lutte contre le terrorisme, limite les paiements réalisés en ligne avec une carte prépayée anonyme à 50 €. Pour que leur outil ne soit plus contraint par ce seuil, les dirigeants de la Carte française ont imaginé une version 2. Selon les explications qu’ils nous ont livrées, la commercialisation, prévue pour les fêtes de Noël 2021 ‒ 90 % du chiffre d’affaires est acquis en novembre et décembre ‒ a pris du retard à cause de la défaillance d’un fournisseur. Si bien que cette nouvelle version n’a pu être mise en vente qu’à partir de fin décembre. Mauvais timing… Différence fondamentale avec la version 1, celle-ci n’est plus soumise aux règles de plafonnement : si on souhaite faire un achat supérieur au montant de la carte, il faut la recharger. Mais cela nécessite de la désanonymiser en fournissant un scan de pièce d’identité et un selfie. Encore des complications qui, si elles ne sont pas insurmontables, tranchent avec la simplicité d’usage des bons cadeaux à laquelle les consommateurs sont habitués.

(1) Ou par l’impossibilité pure et simple d’acheter, mésaventure survenue à une salariée de Que Choisir confrontée à une « rupture de stock » de bons d’achat. Une autre, ayant une carte de 50 € et souhaitant acheter sur une boutique qui ne proposait des bons d’achat que par tranches de 20 €, a dû rembourser 10 € à la Carte française. Tout sauf simple !

30 janvier 2022

Barème kilométrique : à qui va profiter la revalorisation exceptionnelle ?

Le gouvernement a annoncé une revalorisation de 10 % du barème kilométrique cette année. Un coup de pouce destiné à compenser la hausse des prix des carburants intervenue en 2021. Explications.

Par défaut, vous bénéficiez d’une déduction forfaitaire de 10 % sur vos salaires imposables, appliquée directement par le fisc sur le montant inscrit dans votre déclaration de revenus. Vous pouvez toutefois renoncer à cette déduction et opter pour la prise en compte des frais réels que vous supportez dans l’année dans le cadre de votre emploi. Une option avantageuse si ces derniers sont supérieurs au forfait de 10 % car elle vous permet de réduire votre revenu imposable, donc de payer moins d’impôt.

L’utilisation du barème kilométrique

L’option pour la déduction des frais réels est souvent exercée par les salariés qui utilisent leur véhicule pour se rendre au travail, et qui supportent de ce fait des dépenses importantes de carburant, d’entretien, d’assurance, etc. Pour faciliter leur évaluation, le fisc vous autorise à utiliser le barème kilométrique qu’il édite chaque année. Il en existe un pour les voitures et deux pour les deux-roues. Ces barèmes tiennent compte de la puissance du véhicule (jusqu’à 7 CV pour les voitures), du nombre de kilomètres parcourus à titre professionnel dans l’année, et de sa motorisation (les utilisateurs d’un véhicule électrique peuvent majorer de 20 % l’évaluation obtenue). Ils englobent tous les frais du véhicule, à l’exception des frais de péage, de parking et des intérêts de l’emprunt contracté pour l’acheter. Si vous supportez de tels frais, vous pouvez les déduire pour leur montant réel, en plus de l’évaluation résultant du barème kilométrique.

Bon à savoir. Les membres des professions libérales – les infirmières libérales, par exemple – peuvent également utiliser les barèmes kilométriques pour évaluer leurs frais de déplacements professionnels en véhicule, lorsqu’ils sont soumis au régime de la déclaration contrôlée.

L’intégration de la hausse des prix des carburants

Les prix des carburants ont fortement augmenté en 2021. Selon le ministère de la Transition écologique, le prix du diesel a progressé de 19,6 % et celui de l’essence de 18 % (prix des carburants disponibles dans notre comparateur des supermarchés). Cela s’est traduit par une hausse de 10 à 12 € pour un plein de 50 litres. Pour compenser cette inflation, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé le 25 janvier une revalorisation exceptionnelle de 10 % des barèmes kilométriques applicables pour le calcul des frais de déplacement professionnels supportés en 2021. Cette revalorisation sera officialisée par arrêté d’ici mi-février. Les barèmes applicables cette année devraient donc être les suivants :

Barème kilométrique – Automobiles

Puissance administrative Jusqu’à 5 000 km De 5 001 à 20 000 km Au-delà de 20 000 km
3 CV et moins d × 0,502 (d × 0,300) + 1 006 d × 0,350
4 CV d × 0,575 (d × 0,323) + 1 262 d × 0,387
5 CV d × 0,603 (d × 0,339) + 1 320 d × 0,405
6 CV d × 0,631 (d × 0,355) + 1 382 d × 0,425
7 CV et plus d × 0,661 (d × 0,374) + 1 431 d × 0,446

d = distance parcourue à titre professionnel en kilomètres

Barème kilométrique – Motocyclettes

Puissance administrative Jusqu’à 3 000 km De 3 001 à 6 000 km Au-delà de 6 000 km
1 ou 2 CV d × 0,375 (d × 0,094) + 845 d × 0,234
3, 4 ou 5 CV d × 0,444 (d × 0,078) + 1 099 d × 0,261
Plus de 5 CV d × 0,575 (d × 0,075) + 1 501 d × 0,325

d = distance parcourue à titre professionnel en kilomètres

Barème kilométrique- Cyclomoteurs (jusqu’à 50 cm3)

Jusqu’à 2 000 km De 2 001 à 5 000 km Au-delà de 5 000 km
d × 0,299 (d × 0,070) + 458 d × 0,162

d = distance parcourue à titre professionnel en kilomètres

Des économies d’impôt variables

Ce coup de pouce du gouvernement va bénéficier aux 2,5 millions de foyers qui optent chaque année pour la déduction de leurs frais réels de leurs salaires. Mais tous n’en tireront pas le même avantage. Les salariés qui roulent beaucoup pour les besoins de leur emploi, avec un véhicule puissant, et qui sont imposés dans les tranches élevées du barème de l’impôt, verront leurs impôts diminuer dans des proportions plus importantes que ceux qui roulent peu, avec un véhicule peu puissant et qui sont faiblement imposés.

Exemple 1. Vous roulez 30 000 km par an à titre professionnel avec un véhicule de 7 CV. Vous pouvez déduire 13 380 € (30 000 km × 0,446 €) de frais de déplacement cette année, contre 12 150 € l’année dernière (30 000 km × 0,405 €). Si vous êtes imposable à 30 %, cette déduction supplémentaire vous procurera une économie d’impôt de 369 € (1 230 € × 30 %). L’économie grimpera à 504 € si vous êtes imposé à 41 %, et à 554 € si vous êtes imposé à 45 %.

Exemple 2. Vous roulez 5 000 km par an à titre professionnel avec un véhicule de 4 CV. Vous pouvez déduire 2 875 € (5 000 km × 0,575 €) cette année, contre 2 615 € l’année dernière (5 000 km × 0,523 €). Si vous êtes imposable à 11 %, cette déduction supplémentaire vous procurera une économie d’impôt de 29 € (260 € × 11 %). Et vous n’en tirerez évidemment aucun avantage si vous n’êtes pas imposable du tout.

En résumé, la revalorisation de 10 % du barème kilométrique va surtout permettre aux gros rouleurs et aux gros contribuables de récupérer en impôt les frais de carburant supplémentaires qu’ils ont supportés en 2021. Pour les autres salariés imposables, en revanche, la baisse d’impôt obtenue ne compensera que partiellement la hausse de leurs frais de carburant. Quant aux salariés non imposables, ils ne bénéficieront d’aucune compensation. De même, la mesure n’aura aucun impact positif sur les finances de ceux qui utilisent leur véhicule à titre privé (les retraités, par exemple), car leurs frais de carburant ne sont pas déductibles fiscalement. Signalons cependant que 38 millions de foyers aux revenus modestes sont éligibles à l’indemnité inflation de 100 € mise en place par les pouvoirs publics à la fin de l’année dernière pour compenser la hausse des prix de l’énergie et des carburants, et versée entre décembre 2021 et février 2022.

30 janvier 2022

Couverture des soins : la Grande Sécu, une option parmi d’autres

Les tarifs des complémentaires santé ne cessent de grimper. Il devient nécessaire de revoir notre système de prise en charge des soins. Quatre scénarios sont possibles.

Tarifs de complémentaires santé en roue libre, surcoûts liés aux frais de gestion, populations fragiles exposées à de lourds restes à charge : notre système de prise en charge des soins, axé sur le copaiement de l’assurance maladie et des complémentaires santé, montre d’inquiétants signes d’essoufflement. S’il a fait ses preuves avec un reste à charge moyen le plus faible de l’OCDE, c’est au prix de réalités moins flatteuses. Dans son tout récent rapport, le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) explore quatre scénarios d’évolution.

Le fantasme de la « Grande Sécu »

Celui de la « Grande Sécu » a fait couler beaucoup d’encre. Dans cette hypothèse, l’assurance maladie prend en charge la totalité des soins, y compris ce qui ne l’est pas aujourd’hui : tickets modérateurs, franchises et forfaits hospitaliers. Une telle suprématie a le mérite de la simplicité. Pour les assurés, l’âge n’a plus l’effet catastrophique qu’il a actuellement : finie l’envolée de cotisations, aggravée par la suppression de la participation employeur au moment de la retraite ! Cerise sur le gâteau, la bascule se ferait à coût constant : les 19 milliards de nouvelles dépenses sont compensées par la disparition des primes d’assurance. Des économies sont même envisageables, puisqu’il n’y a plus qu’une seule file de gestion des remboursements. Les complémentaires santé, cantonnées aux prestations exclues du champ de la Sécu, prennent notamment une part des dépassements d’honoraires, dont le remboursement par l’assurance maladie à leur niveau actuel est « inconcevable » pour le HCAAM. Selon ses projections, toute la population, mais surtout les personnes âgées modestes, bénéficie d’une baisse de son reste à charge dans ce scénario.

D’autres pistes ont été creusées. Comme le simple colmatage des ratés actuels. Pas besoin de tout repenser ‒ mais alors, les frais de gestion inutiles perdurent : il suffit de contenir les restes à charge trop lourds par la forfaitisation des tarifs hospitaliers et par des mécanismes de plafonnement des frais. Le HCAAM évoque même un « bouclier sanitaire », soit un seuil de dépenses à partir duquel tout est pris en charge par l’assurance maladie. Bonne idée, mais dont la portée est limitée par les dépassements d’honoraires… Pour éviter le coup de bambou à la retraite, des contrats complémentaires à conditions avantageuses pour les anciens salariés sont souhaitables, de même qu’une plus grande ouverture de la complémentaire santé solidaire à partir d’un certain âge.

L’Alsace-Moselle en exemple

Souvent cité comme modèle, le régime d’Alsace-Moselle revient à pousser jusqu’au bout la logique de la complémentaire santé obligatoire telle qu’elle s’applique déjà, mais en la déconnectant de l’emploi pour la généraliser. En Alsace-Moselle, la gestion est centralisée, et le taux de prélèvement, unique. C’est un système très solidaire. La complémentaire obligatoire peut s’articuler autrement, détaille le HCAAM, en s’appuyant sur une multiplicité d’opérateurs, à condition de les contraindre à un panier défini de prestations. Si l’objectif est de neutraliser l’effet « âge » et d’empêcher la rupture à la retraite, alors l’encadrement des primes s’impose aussi, souligne le HCAAM. Des pays ayant opté pour cette architecture modulent a minima, en réservant par exemple un tarif d’adhésion préférentiel jusqu’à 26 ans. Compatible avec notre actuelle organisation, la complémentaire obligatoire en garde un défaut majeur : la complexité de la coexistence avec l’assurance maladie, et les frais de gestion inutiles.

Dernière option, le cloisonnement total entre panier de soins public, couvert à 100 % par l’assurance maladie, et panier de soins privé, pris par les complémentaires. La nature du système tient alors au contenu de chacun des paniers. Il peut être très solidaire, comme très inégalitaire ! Dans l’hypothèse où les soins aujourd’hui remboursables (consultations, hospitalisations, médicaments) intègrent le panier public, les restes à charge actuellement les plus lourds seraient atténués. Autre avantage, le copaiement et les surcoûts qui en découlent disparaissent, les complémentaires gagnent en pouvoir de négociations avec les établissements et professionnels de santé. Inconvénient, la liberté de s’assurer, ou non, fait le lit de potentielles inégalités.

Quel que soit le scénario, le HCAAM renvoie malheureusement à plus tard le casse-tête des dépassements d’honoraires. Or ils pèsent lourdement dans les restes à charge, et constituent une inconnue déterminante pour l’évolution de notre système de soins.

30 janvier 2022

Scooters électriques : prises en main

Quasi inexistants il y a deux ans, les scooters électriques sont aujourd’hui très nombreux et les marques poussent comme des champignons pour offrir de plus en plus de choix. Néanmoins, les scooters électriques sont classés en deux familles : les équivalents 50 cm3 et les équivalents 125 cm3. Nous avons pris en main quelques modèles de chaque.

Peugeot e-Ludix

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Autant le dire tout de suite, cette version électrifiée du petit scooter de Peugeot se réserve à un usage urbain. Bridé à 45 km/h, le e-Ludix est en effet un équivalent 50 cm3 lui interdisant l’accès aux voies rapides. Il utilise un système (moteur électrique, batterie…) de marque Bosch et dispose de la récupération d’énergie à la décélération, ce qui permet de récupérer quelques tours de roues supplémentaires lors des freinages. C’est plutôt appréciable car, dans la réalité, on est un peu loin des 50 km d’autonomie annoncés par le constructeur et on arrivera tout juste à en faire 40. Et encore, c’est en évitant d’utiliser le mode de conduite boost qui privilégie les accélérations plutôt que la sobriété. Pour cela, c’est le mode go le plus adapté mais il se fait au détriment des accélérations. Reste deux autres modes, le mode cruise qui offre le meilleur compromis entre performance et autonomie et le mode crawl pour des déplacements à vitesse réduite. Lors de notre roulage, nous avons trouvé que les modes cruise et boost étaient les plus adaptés à un usage quotidien.

Le conducteur pourra suivre facilement le niveau d’énergie et l’autonomie restante grâce au large et très lisible écran LCD. Maniable et léger, le e-Ludix est très facile à conduire et ne pose aucun souci de prise en main. À noter que ce scooter possède aussi une marche arrière ! Une fonction qui nous paraît étrange voire inutile sur ce modèle tant il est facile à manœuvrer. Reste que la place disponible est inexistante en raison du positionnement de la batterie sous la selle. Le top-case s’avère donc ici indispensable pour pouvoir ranger une combinaison de pluie et son casque. Enfin, sa batterie amovible, relativement légère, permet de la recharger facilement n’importe où.

Caractéristiques techniques (1)

Prix : à partir de 3 490 €
Catégorie : équivalent 50 cm3
Moteur

  • Puissance maxi : 2,5 kW
  • Couple maxi : 35 Nm
  • Consommation : 42 Wh/km

Batterie

  • Type : lithium-ion
  • Amovible : oui
  • Capacité : 1,6 kWh
  • Poids : 11 kg
  • Garantie : 2 ans ou 20 000 km
  • Chargeur : 500 W

Temps de charge : 80 % de charge en 3 h et complète en 4 h
Vitesse maxi : 45 km/h
Autonomie : 50 km
Transmission : par courroie
Poids (en ordre de marche) : 88 kg
Hauteur de selle : 811 mm

Seat MÔ

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Commercialisé par Seat depuis 2020, le MÔ 125 est en fait le S01 du fabricant espagnol Silence rebaptisé à la marque du constructeur automobile. Cet équivalent 125 cm3 est un scooter compact et très maniable. Sa prise en main est aisée même si, pour un habitué des deux-roues, les commandes sont parfois un peu déroutantes. En effet, celle des feux de détresse est sur le même bouton que l’allumage des feux de circulation : la confusion est fréquente à l’usage. Nos autres griefs seront une bulle (modèle de série) et des rétroviseurs trop petits pour être réellement efficaces. Pour le reste, ce n’est que du positif : l’accélération et la vitesse de pointe (variable selon les modes de fonctionnement) permettent d’emprunter en toute facilité et sécurité les voies rapides. Nous avons aussi apprécié la tenue de route et le freinage efficaces même si ce dernier demande un peu d’habitude car il manque de progressivité.

Question autonomie, sur un parcours comportant de la ville et des voies rapides, en utilisant exclusivement le mode city, nous avons obtenu une autonomie de 90 km. C’est quasiment identique au chiffre du fabricant.

Côté recharge, la batterie se retire et s’installe facilement. Vu son poids (41 kg tout de même), les roulettes qui se déplient automatiquement s’avèrent indispensables au transport car l’ensemble n’est pas vraiment facile à porter. À moins d’être hyper costaud, il est quasiment impossible de monter des escaliers avec. On espère enfin que le système de déploiement des roulettes se montre assez résistant sur le long terme. Attention, comme la batterie s’extrait par le côté du scooter, il faut pas mal de place pour la sortir. Cela peut poser des soucis lorsqu’un autre scooter est garé juste à côté. Heureusement, il est possible de brancher directement le scooter sur le secteur, sans retirer la batterie.

Enfin, la place sous la selle permet de loger deux casques (1 intégral et 1 jet), ce qui évite l’achat d’un top-case.

Caractéristiques techniques (1)

Prix : à partir de 6 700 €
Catégorie : équivalent 125 cm3
Moteur

  • Puissance maxi : 7 kW (9 kW en crête)
  • Couple maxi : 240 Nm
  • Consommation : 70 Wh/km

Batterie

  • Type : lithium-ion
  • Amovible : oui
  • Capacité : 5,6 kWh
  • Poids : 41 kg
  • Garantie : 4 ans ou 40 000 km
  • Chargeur : 600 W

Temps de charge : complète en 6 à 8 h
Vitesse maxi : 95 km/h
Autonomie : 137 km (mode éco) ; 104 km (mode city) et 82 km (mode sport)
Transmission : moteur intégré à la roue arrière
Poids (en ordre de marche) : 152 kg
Hauteur de selle : 780 mm

Pink Mobility Fly

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Ce scooter cossu est un équivalent 125 cm3 agréable à conduire et qui offre de bonnes performances. Son imposant gabarit le rend très stable sur autoroutes et voies rapides. Le revers de la médaille est qu’il est un peu moins maniable en ville à basse vitesse que les petits gabarits. Son embonpoint peut aussi compliquer un peu les manœuvres notamment au moment de le garer.

Au-delà des trois modes de fonctionnement, il dispose d’un bouton boost qui apporte un surcroît de puissance pendant 20 s et permet d’atteindre les 130 km/h. De quoi effectuer un dépassement sans souci et très rapidement. Mais attention, une fois la fonction sollicitée, elle n’est plus disponible pendant 90 s (pour laisser à la batterie un temps de repos). D’autre part, cette fonction n’est active que lorsque la batterie affiche plus de 50 % de charge. Si on utilise le mode confort, la vitesse plafonne à 90 km/h et elle ne dépasse pas les 70 km/h en mode éco.

Doté d’un système de récupération d’énergie au freinage efficace, le Fly dispose d’un frein moteur appréciable qui, une fois qu’on en a pris l’habitude, permet de limiter l’usage des freins. Cela permet aussi de regonfler un peu la batterie.

Côté autonomie, nous avons relevé tout juste 100 km sur un usage alternant de la ville (en mode éco) et des voies rapides (en mode confort) avec une utilisation du booster. Même si on s’éloigne un peu des annonces du fabricant, c’est plutôt pas mal et cela peut suffire pour éviter d’avoir à le recharger tous les jours.

Vu le prix de l’engin, on regrette l’absence d’ABS (heureusement, le freinage couplé avant/arrière est efficace et sécurisant) et une finition perfectible avec des ajustements de plastiques parfois aléatoires.

Caractéristiques techniques (1)

Prix : à partir de 7 990 €
Catégorie : équivalent 125 cm3
Moteur

  • Puissance maxi : 10 kW

Batterie

  • Type : lithium-NMC (nickel-manganèse-cobalt)
  • Amovible : non
  • Capacité : 6,7 kWh
  • Poids : n.c.
  • Garantie : 2 ans
  • Chargeur : 72 V/18 A

Temps de charge : 80 % en 4 h et complète en 6 h
Vitesse maxi : 130 km/h (mode sport) ; 90 km/h (mode confort) et 70 km/h (mode éco)
Autonomie : 100 km (mode sport) ; 130 km (mode confort) et 150 km (mode éco)
Transmission : moteur intégré à la roue arrière
Poids (en ordre de marche) : 178 kg
Hauteur de selle : 810 mm

Yadea C1S Pro

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Ce scooter équivalent 125 cm3 est assez surprenant. Si son style néo-rétro ne laisse pas indifférent, le Yadea C1S Pro n’en est pas moins un concentré de technologie avec son démarrage sans clef très pratique et son tableau de bord numérique complet. Mais c’est surtout à l’usage qu’il dévoile son potentiel et nous avons apprécié sa tenue de route et sa maniabilité. Les batteries étant placées dans le plancher, donc au plus près du sol, le centre de gravité de l’engin est assez bas. En ville et même sur autoroute, ce petit gabarit reste très stable et cela met plutôt en confiance le conducteur. Reste que la vitesse maxi, à peine 95 km/h une fois bien lancé, est un peu juste. Difficile d’évoluer dans de très bonnes conditions sur autoroute et ce modèle conviendra surtout pour un usage interurbain, sans trop de voies rapides.

Le C1S Pro possède deux modes de fonctionnement. Le premier est à conseiller en ville et permet d’obtenir la meilleure autonomie en s’approchant de celle annoncée par le fabricant : nous avons relevé 95 km. En revanche, et c’est logique, si le besoin de vitesse est plus important, cela se gâte un peu. Sur un trajet comportant principalement des voies rapides, donc en utilisant exclusivement le mode power, nous n’avons pu parcourir que 70 km. Il faut dire que dans ces conditions, les ralentissements, donc les phases de récupération d’énergie, ne sont pas fréquents. Sur route, nous avons apprécié son niveau de protection assez bon au regard de son gabarit.

Le Yadea C1S Pro dispose d’un look très séduisant, d’un bon niveau d’équipement, de bonnes performances même si son autonomie se révèle un peu juste sur route et, surtout, il s’affiche à un prix très intéressant.

Caractéristiques techniques (1)

Prix : à partir de 5 000 €
Catégorie : équivalent 125 cm3
Moteur

  • Puissance maxi : 6 kW
  • Couple maxi : 125 Nm

Batterie

  • Type : lithium-ion
  • Amovible : oui
  • Capacité : 1,44 kWh chacune
  • Poids : 11,5 kg
  • Garantie : 2 ans

Temps de charge : complète en 4 h
Vitesse maxi : 90 km/h
Autonomie : 100 km (en mode ville)
Transmission : moteur dans le bras oscillant, transmission par pignons
Poids (en ordre de marche) : 105 kg
Hauteur de selle : 800 mm

Les spécificités de la conduite d’un scooter électrique

Avant de prendre le guidon, il faut savoir que la conduite d’un scooter électrique possède quelques particularités. Déjà, le centre de gravité, donc l’équilibre de la machine, est un peu différent de celui d’un scooter traditionnel. Cela varie assez d’un modèle à l’autre car ça dépend de l’emplacement de la batterie : plus elle est placée bas, plus le deux-roues sera stable et maniable. Il faut donc s’habituer à son maniement, surtout lors des manœuvres à basse vitesse.

Ensuite, la motorisation électrique a ceci de particulier de couper le moteur dès que l’on touche à l’une des poignées de frein. Si cela peut sembler logique, c’est malgré tout déroutant. En effet, dans de nombreuses situations, comme à l’approche d’un feu tricolore ou lors d’un démarrage en côte, il est utile de freiner légèrement tout en accélérant très légèrement avec un scooter thermique. Avec un électrique : impossible. Le risque est alors de voir le système se couper totalement et de devoir carrément, dans certains cas, réactionner le contact.

Enfin, si le scooter dispose d’un système de récupération d’énergie au freinage, le frein moteur sera alors plus puissant que sur un scooter thermique traditionnel. Il faudra donc adapter sa conduite et anticiper les ralentissements afin de bénéficier de cette récupération qui permet de recharger, un peu, les batteries et de limiter son action sur les freins (l’usure des plaquettes et des disques est donc moindre).

(1) Données constructeur.

30 janvier 2022

Arnaque : des banquiers très bien imités

Une escroquerie consistant à vous faire confirmer des opérations de paiement à votre insu est en pleine recrudescence. Si votre soi-disant conseiller bancaire vous appelle et vous demande d’annuler – ou de valider – des opérations frauduleuses sur votre compte, raccrochez !

Depuis quelques mois, les récits de consommateurs piégés s’enchaînent dans nos associations locales. Le procédé, proche de celui qui avait touché des clients de la banque ING, est toujours le même : une personne vous appelle et se présente comme votre conseiller bancaire. Le numéro affiché sur votre téléphone correspond à celui de votre établissement. Votre interlocuteur vous indique avoir repéré des mouvements frauduleux sur votre compte bancaire. Afin d’empêcher ces opérations, le pseudo-conseiller vous demande de procéder à une validation de paiement (via un code reçu par SMS, en cliquant sur un lien envoyé par la banque…), sous un argument fallacieux. « La conseillère avait déjà mon numéro de carte bancaire et m’a demandé de valider des opérations sur l’application Hello Bank, soi-disant pour simuler des achats et ensuite les annuler car elle avait vu des tentatives de fraudes de paiement depuis la Roumanie. Je lui ai fait confiance », raconte monsieur A., qui s’est fait dérober 2 500 €. C’est ainsi que les victimes procèdent à leur insu à des paiements atteignant fréquemment plusieurs milliers d’euros, souvent vers des sites marchands.

« Les victimes pensent qu’il s’agit de codes d’annulation alors que ce sont des confirmations de paiement », souligne Jean-Jacques Latour, responsable expertise cybersécurité de la plateforme gouvernementale Cybermalveillance. « Nous observons une recrudescence de cette escroquerie depuis l’été dernier, car elle rapporte, détaille-t-il. C’est de mieux en mieux fait, les escrocs disposent de plus en plus d’informations sur leurs proies. Ils récupèrent les données des personnes qu’ils ciblent sur les réseaux sociaux et obtiennent leurs données personnelles (adresse, numéro de carte bancaire…) sur le darknet (l’Internet clandestin). Ils sont sûrs d’eux, on a l’impression qu’ils savent tout de nous. » Ces aigrefins usurpent également les informations des banques : nom de l’agence, du conseiller, et même le numéro de téléphone qu’ils parviennent à afficher comme numéro appelant en utilisant des logiciels de spoofing.

Les banques refusent de rembourser

Une fois l’opération frauduleuse entérinée, les chances de remboursement sont nulles, ou presque. Les témoignages que nous recevons en attestent, le même argument étant systématiquement rétorqué aux victimes demandant à se faire indemniser : la négligence. « Je conçois votre déception face à la situation que vous décrivez. Je vous confirme que nous ne pouvons donner suite à votre demande de remboursement. […] En échangeant avec le fraudeur puis en validant les opérations sur votre téléphone mobile, vous avez mis à néant le dispositif de sécurité […]. Vous avez fait preuve de négligence grave en ne prêtant pas attention aux contenus des notifications reçues sur votre mobile », reproche Hello Bank à monsieur A.

Les consommateurs réalisent souvent le piège juste après l’appel malveillant. Malgré le signalement instantané à leur banque, l’opposition sur la carte bancaire, l’explication du mode opératoire, les établissements affichent une ligne de conduite identique. « Nous avons contesté immédiatement, mais la banque refuse de nous rembourser car mon époux a validé le Secur Pass », se désole madame D., cliente de sa banque depuis 20 ans et outrée par un tel manque de compassion. Ces refus systématiques reflètent les réticences des établissements à indemniser leurs clients abusés soulignées dans notre baromètre des arnaques 2021.

Des enquêtes qui font défaut

Quant à un travail d’enquête qui permettrait de retrouver les malfrats et ainsi stopper l’hémorragie, il fait figure de mirage. Au mois de novembre dernier, neuf arrestations ont eu lieu à Paris. « Cette opération a abouti car Dominique Strauss-Kahn, qui s’est fait voler 36 000 €, et American Express ont porté plainte. Il s’agissait d’un véritable réseau de mafieux, qui a dérobé plus de 1,5 million d’euros », indique Jean-Jacques Latour, qui regrette que les autres plaintes ne débouchent pas toujours sur une enquête. Car ces arrestations, qui relèvent de l’exception, sont loin d’avoir tari l’arnaque, qui continue de faire des victimes, laissées sans recours. « L’un des sites marchands qui a fait l’objet d’un paiement frauduleux a bien voulu me transmettre le nom et l’adresse de l’acheteur. Je les ai transmis à la police, mais ils ne font rien. Ils m’ont dit qu’ils n’avaient pas le temps, qu’ils devaient régler des affaires datant de 2015 », déplore monsieur A., qui perd espoir. Un manque de moyens qui coûte cher aux consommateurs. ​​​

Quelques conseils

  • Avant d’obéir à votre interlocuteur, vérifiez l’information par vous-même : raccrochez puis appelez votre conseiller bancaire afin qu’il confirme l’information. Sachez de plus que ce dernier ne vous demandera pas vos codes par téléphone.
  • Lorsque vous vous rendez compte que vous avez été escroqué, faites opposition sur votre carte bancaire et contactez immédiatement votre banquier. Même s’il refuse de vous rembourser, il pourra surveiller votre compte.
  • Signalez l’escroquerie dont vous avez été victime sur la plateforme gouvernementale Cybermalveillance ainsi que sur le portail Pharos qui permet un traitement judiciaire de l’affaire.
30 janvier 2022

100 % santé : les bons chiffres de la réforme

Trois ans après les débuts du 100 % santé, le succès est là. Du moins dans le dentaire et l’audiologie. L’optique est à la traîne.

À quelques semaines de l’élection présidentielle, le gouvernement aurait tort de se priver de cette bonne nouvelle : en trois ans, la réforme progressive du 100 % santé, qui vise l’accès à des lunettes, audioprothèses et prothèses dentaires sans reste à charge à condition d’avoir une complémentaire « responsable », a trouvé son public. « 10 millions de Français ont pu bénéficier de soins dentaires, d’optique ou audioprothétiques 100 % santé pris en charge à 100 % par l’assurance maladie et leur complémentaire santé », clame le communiqué de presse publié après le dernier comité de suivi de la réforme.

Il est vrai que les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aujourd’hui, 55 % des prothèses dentaires relèvent du 100 % santé, 20 % du reste à charge dit « modéré ». En audiologie, la progression de l’équipement est tout bonnement fulgurante, avec un bond de 77 % depuis 2019, malgré la crise sanitaire. 40 % des aides auditives vendues le sont dans le panier 100 % santé. L’impact se ressent sur le reste à charge moyen, pour l’ensemble des équipements auditifs, puisqu’il baisse, selon l’Union nationale des organismes d’assurance complémentaire maladie (Unocam), de 9 points. Et ce malgré le plafonnement de la prise en charge à 1 700 € en dehors du 100 % santé. Le ministère de la Santé vise maintenant l’application du tiers payant, afin de lever l’ensemble des freins financiers.

Loin de l’objectif de 20 %

Au regard de ces indicateurs flatteurs, l’optique fait figure de vilain petit canard. Même si une légère progression est observée en 2021, seulement 17 % des achats de lunettes se font dans le cadre du 100 % santé. Et encore : si on ne prend en compte que les équipements réellement 100 % pris en charge, dont à la fois les verres et la monture sont choisis dans le panier dédié, le taux tombe à 12,1 %. Loin de l’objectif de 20 % fixé au départ… Conjugué à la baisse des plafonds de remboursement en dehors du 100 % santé, cet échec induit une hausse du reste à charge moyen de 40 €, selon l’Unocam (1). Un comble, pour une mesure censée améliorer le pouvoir d’achat ! Il se peut que l’offre 100 % santé soit vue comme low cost par les consommateurs. Si c’est le cas, la profession n’y est pas pour rien. Absence de l’offre en magasin, dénigrement des équipements, devis incomplet : la DGCCRF a confirmé la mauvaise application du dispositif chez les opticiens. Son enquête auprès de 700 enseignes a montré un taux de non-conformité élevé. Le ministère de la Santé compte convoquer les acteurs pour les rappeler à leurs engagements. Des sanctions sont prévues pour les cas les plus graves, la Sécu étant autorisée à taper au porte-monnaie, à hauteur de 4 % du chiffre d’affaires.

En dehors du redressement à opérer sur les équipements optiques, plusieurs chantiers sont programmés pour 2022 : une amélioration de la communication officielle sur le 100 % santé et une mise à jour du panier. En audiologie, intégrer des prothèses rechargeables dans le 100 % santé serait un encouragement supplémentaire à y recourir.

(1) Que Choisir publie un comparateur des devis d’opticiens pour vous aider à limiter les frais.

30 janvier 2022

Écouteurs Fairphone True Wireless (vidéo) : prise en main

Fairphone, le fabricant de smartphones éthiques et durables, a récemment présenté ses premiers écouteurs sans fil intégrant la réduction active de bruit. Légers, fabriqués avec 30 % de plastique recyclé et des matériaux partiellement issus de filières responsables, vendus 99 €, ces écouteurs affichent de belles promesses. Voici nos premières impressions en vidéo.

Voir la vidéo

30 janvier 2022